Monde

Le Brexit expliqué en graphiques

Sophie Gindensperger, mis à jour le 02.06.2016 à 15 h 42

Cinq schémas pour tenter de mieux comprendre le vote du 23 juin.

Datayolo pour Slate.

Datayolo pour Slate.

To leave or not to leave? Le 23 juin prochain, les citoyens du Royaume-Uni devront voter sur cette question cruciale: le Royaume-Uni doit-il rester membre de l’Union européenne?

Le scrutin résulte d'une promesse du Premier ministre conservateur David Cameron, lui-même en faveur du maintien dans l’Union. En 2013, pour tenter une parade face à la montée de l'Ukip, le parti populiste pour l’indépendance du Royaume-Uni, mais aussi pour répondre aux eurosceptiques de son propre camp, il avait annoncé que les Britanniques pourraient se prononcer sur cette question avant la fin de l’année 2017. Après avoir négocié avec l’Union un «statut spécial» pour la Grande-Bretagne, au mois de février, David Cameron a donc annoncé ce référendum.

Boris Johnson, eurosceptique très politique

L'ancien maire de Londres Boris Johnson, qui appartient aussi au parti conservateur, a décidé que l’accord négocié par Cameron n’était pas suffisant et s’est lancé dans une grande campagne en faveur du Brexit. De quoi modifier l’enjeu du scrutin qui, même si Cameron dit qu’il restera en poste dans tous les cas, pourrait aboutir à un changement de Premier ministre.

Hitler et Daech à la rescousse

La question de l’appartenance à l’Union européenne a un long historique polémique en Grande-Bretagne (avec notamment un premier référendum en 1975), mais la perspective du scrutin a enflammé le débat public, les deux grands partis, le Labour (travaillistes) et les Tories (conservateurs), étant eux-même partagés sur la question. Plusieurs déclarations ont ainsi dépassé les limites du shocking ces dernières semaines, chaque camp tentant les comparaisons les plus osées: tandis que Boris Johnson, dans sa ferveur à diaboliser le projet européen, l’a comparé à ceux de Napoléon ou d’Hitler, David Cameron a de son coté estimé qu’en cas de Brexit, «Poutine serait probablement content», de même qu’al-Baghdadi, le leader de Daech.

Pour qui roule Thatcher

De la même façon, les partisans du in et du out se déchirent pour attirer Margaret Thatcher dans leur camp. La Dame de fer, décédée il y a trois ans, aurait-elle soutenu le Brexit? Celle qui avait demandé en 1979 à la Communauté européenne de lui rendre son argent («I want my money back»), mais s'était aussi prononcée pour le maintien dans cette même Communauté quatre ans plus tôt, en tant que chef de l'opposition, est invoquée à grands renforts de vieilles lettres et d’extraits de discours.

Des conséquences économiques incertaines

Depuis que le Brexit est dans l’air, les études s’amoncellent pour, d’un côté, montrer que la secousse économique serait une catastrophe pour le pays, pour les marchés financiers et les investissements. D’un autre côté, les adeptes de la sortie de l'UE estiment qu’une souveraineté retrouvée permettrait de relancer l’emploi et l’économie.

Discrétion à la City

Les banquiers de la City, eux, se font quelques sueurs froides à l’idée d’un Brexit. Mais ils n’ont pas trop intérêt à faire campagne: les eurosceptiques risquent d’avoir peu d’empathie pour le sort des multimillionnaires des grandes banques et des fonds d’investissement.

Sophie Gindensperger
Sophie Gindensperger (13 articles)
Journaliste indépendante, elle a travaillé à arretsurimages.net et à Libération, où elle a notamment cofondé le P'tit Libé.
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