Sciences / Boire & manger

Pour manger plus sainement, mangez dans un lieu bien éclairé

Temps de lecture : 2 min

Davantage de lumière ambiante, c'est davantage d'attention portée à l'équilibre nutritionnel de son repas.

Restaurant Rambla, Copenhagen (Ørestaden) / Kristoffer Trolle via Flickr CC License by.
Restaurant Rambla, Copenhagen (Ørestaden) / Kristoffer Trolle via Flickr CC License by.

L'éclairage d'un restaurant peut-il avoir un effet sur ce que les clients y commandent? Oui, selon quatre chercheurs américains en marketing: plus un restaurant sera éclairé, plus les mangeurs y feront des choix sains. Par rapport à des établissements à l'ambiance feutrée, les clients sont 16 à 24% plus susceptibles d'opter pour des plats diététiques.

Pourquoi? «Parce que nous sommes plus vigilants dans une pièce bien éclairée, et nous avons dès lors tendance à y prendre des décisions plus saines et clairvoyantes», explique Dipayan Biswas, professeur de marketing à l'Université de Californie du Sud et auteur principal de l'étude, en passe d'être publiée dans le Journal of Marketing Research.

Un travail mené en deux temps. Dans une première enquête de terrain, les chercheurs ont demandé à 160 clients de quatre chaînes de restauration de détailler leur repas. Installés dans des lieux bien éclairés, la moitié des convives avaient privilégié des plats sains (poisson, légumes, viande blanche) à la graisse et au sucre. Qui plus est, en analysant les tickets de caisse, les chercheurs allaient trouver que les clients des restaurants les moins bien éclairés avaient avalé une moyenne de 39% de calories supplémentaires que ceux des établissements lumineux. Des études antérieures avaient déjà observé une telle corrélation positive entre obscurité et prise calorique.

Dans un second temps et en laboratoire, les scientifiques ont voulu vérifier le bien-fondé de leur hypothèse –que le différentiel de luminosité génère un différentiel d'attention, lui-même responsable d'un plus gros appétit pour le sain. Pour ce faire, ils ont recruté 700 étudiants auprès desquels ils ont mené quatre expériences. Toutes ont confirmé leurs observations. Par exemple, si les étudiants croyaient recevoir une pilule de caféine (en réalité, un placebo) ou si les chercheurs leur demandaient explicitement de se concentrer avant de commander, cela suffisait pour qu'une majorité d'entre eux fasse le choix de la raison nutritionnelle.

Pour autant, Brian Wansink, autre cosignataire de l'étude et directeur du «Food and Brand Lab» de l'Université de Cornell, met en garde contre l'éventuelle achluophobie culinaire que son travail pourrait susciter:

«Manger dans l'obscurité n'est pas totalement mauvais. […] Même si vous commandez des aliments moins diététiques, vous mangez généralement moins vite et vous savourez davantage».

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