Sports

Cantona et l'Équipe de France, une vieille histoire de clashs

Bruno Cravo, mis à jour le 27.05.2016 à 18 h 15

Avec sa sortie à l'encontre de Didier Deschamps, ce 26 mai 2016, l'ex-enfant terrible du football entretient une longue tradition de punchlines fracassantes contre les Bleus.

En 1994 I OLIVIER MORIN / AFP

En 1994 I OLIVIER MORIN / AFP

Quand on parle Équipe de France, Éric Cantona ne se trouve jamais bien loin pour lancer une saillie dont il a le secret, fidèle à son franc-parler. Ce jeudi 26 mai 2016, dans un entretien accordé au quotidien britannique The Guardian, «The King» a vertement critiqué le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps. La légende de Manchester United y invoque une prise en compte des origines ethniques dans la convocation pour l'Euro 2016. «Je ne suis pas surpris qu'il ait utilisé la situation de Benzema (pris dans l'affaire de la sextape, NDLR) pour ne pas le prendre, a-t-il estimé. Et Ben Arfa est peut-être le meilleur joueur en France aujourd'hui. Mais ils ont des origines. J'ai le droit de m'interroger à propos de ça.» Le sélectionneur a laissé entendre qu'il pourrait porter plainte contre Cantona. En attendant, rappelons que ces énièmes reproches s'inscrivent dans une longue tradition de diatribes qu'il entretient depuis ses débuts avec le maillot bleu.

 

1.«Sac à merde»
La première fois

Le 21 août 1988, Éric Cantona n'est encore qu'une jeune promesse fraîchement transférée de l'AJ Auxerre à l'Olympique de Marseille. Avec cinq sélections au compteur, il ne possède pas le statut d'incontournable de l'Équipe de France. Ce qui ne l'empêche nullement d'insulter publiquement le sélectionneur de l'époque Henri Michel en le traitant de «sac à merde». Cette sortie fait suite à sa non convocation pour un match amical contre la Tchécoslovaquie. Il déclare également ne plus vouloir endosser le maillot tricolore tant que Michel sera en place. La fédération française de football le sanctionne de dix mois de suspension. L'histoire tumultueuse entre Canto et les Bleus est lancée.

   

2.«Ça fait partie des grandes déceptions»
La fin de l'aventure en bleu

De retour en Équipe de France sous les ordres de Michel Platini, Cantona dispute un Euro 1992 décevant avant d'échouer avec ses coéquipiers dans la qualification pour la Coupe du monde 1994. Jouissant de la confiance du nouveau sélectionneur Aimé Jacquet, l'attaquant devient capitaine des Bleus et tout indique qu'il sera l'homme fort de la France à l'Euro 1996 en Angleterre. Mais son agression sur un supporter de Crystal Palace en janvier 1995 change la donne. «The King» écope de neuf mois de suspension et ne sera plus jamais rappelé en Équipe de France. Cantona avouera bien plus tard que son absence au Mondial 1998 remporté par la France faisait partie «des grandes déceptions» de sa carrière.

 

3.«Porteur d'eau»
Cantona-Deschamps Acte I

Le début de la rancœur entre Canto et Didier Deschamps commence un soir de septembre 1996. Les Red Devils de Manchester affrontent la Juventus de Turin de l'actuel sélectionneur des Bleus. Deschamps sort d'un Euro en tant que capitaine de l'Équipe de France, le Basque est devenu le patron d'Aimé Jacquet. Un statut que Cantona ne supporte pas. Il déclarera la veille du match au journal italien la Gazzetta dello Sport : «Deschamps ? Ça va, parce qu’il donne 100% de lui-même, mais il sera toujours un porteur d’eau. Des joueurs comme ça, on en trouve à tous les coins de rue. Aujourd’hui, Didier il fait le moine, il joue les moralisateurs, mais il finira par tomber dans tous les vices du monde.»
 

4.« Le plus nul du football français depuis Louis XVI»
La leçon d'histoire à Domenech

À la suite de la qualification de l'Équipe de France pour le Mondial 2010 face à l'Eire où il critique la main de Thierry Henry, Éric Cantona en profite également pour fustiger le travail de l'entraîneur Raymond Domenech à la tête des Bleus. Désormais retiré des terrains et sélectionneur de l'Équipe de France de Beach Soccer, Cantona déclare que «Domenech est l'entraîneur le plus nul du football français depuis Louis XVI». Sa dernière punchline en date contre l'Équipe de France avant celles adressées à Didier Deschamps ce jeudi 26 mai. 

Bruno Cravo
Bruno Cravo (41 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte