Science & santé

Moore, Oklahoma, et l'étrange malédiction des tornades puissantes

Repéré par Bruno Cravo, mis à jour le 27.05.2016 à 13 h 28

Repéré sur Five Thirty Eight

Avec quatre tempêtes très violentes en seize ans, la commune a acquis la réputation de ville à tornades. À raison?

 Tornade observée aux États-Unis en 2004 | NOAA Photo Library via Flickr CC License by

Tornade observée aux États-Unis en 2004 | NOAA Photo Library via Flickr CC License by

Le souffle a commencé en 1999. Cette année-là, Moore, ville de l'Oklahoma au cœur des États-Unis est balayée par une tornade de niveau 5, le plus haut niveau sur l'échelle améliorée de Fujita, avec des vents dépassant les 300 km/h. C'est le début d'une série de quatre tempêtes du même ordre alors que seulement 1,37% de toutes les tornades qui ont frappé les États-Unis de 1994 à 2012 étaient de niveau 4 et 0,14% de niveau 5. Il n'en fallait pas plus pour faire de Moore la destination préférée des ouragans, sans qu'aucune explication scientifique ne puisse étayer cette affirmation, comme le raconte Five Thirty Eight.

«La partie centrale des États-Unis est incroyablement bien conçue pour produire des tornades», expose Harold Brooks du laboratoire météorologique des tempêtes sévères. Cette zone, surnommé l'allée des Tornades, constitue le point de rencontre entre l'air chaud venu du Golfe du Mexique et l'air froid des Montagnes Rocheuses. Composé de plaines, le relief offre un terrain de jeu idéal pour les tornades: elles ne rencontrent aucun d'obstacle à leur formation.

«Moore, Oklahoma une tornade de niveau 5»

La mauvaise réputation

Tom Grazulis un chercheur qui, dans les années 1980, a compilé les tornades sur le sol américain depuis le XVIIe siècle a bien montré que de nombreuses tornades transitaient dans la région mais à l'échelle locale les données restent incomplètes. Cela s'explique en partie par la rareté du phénomène. On compte environ 1.000 tornades dispersées à travers les États-Unis chaque année, ce qui produit peu de contenu si on isole une ville. Surtout, l'observation des tornades n'est vraiment efficace que depuis cinquante ans.

Patrick Marsh, également du laboratoire météorologique des tempêtes sévères, pense avoir la réponse à la réputation de Moore malgré le vide scientifique qui l'entoure. Il prend l'exemple de Norman, ville limitrophe de Moore et explique que la commune a probablement connu autant de tornades que sa voisine. La raison viendrait du fait que Norman a évité les désastreuses tornades de niveau 4 et 5, celles qui restent dans la mémoire des habitants. 

«Je ne pense pas que vous pouvez statistiquement prouver que le risque de tornades est plus bas trois kilomètres plus loin, affirme-t-il. Mais tout le monde à Norman pense, “Oh, je suis en sécurité. Parce que la tornade va frapper Moore”».

Jusqu'à preuve du contraire Moore va donc garder son étiquette de terre à tornades. À moins que comme pour la ville de Codell dans le Kansas, les tornades disparaissent subitement.

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