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Un éléphant qui parle le coréen, vraiment?

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 27.05.2016 à 11 h 39

Repéré sur The New York Times, Current Biology

L'éléphant Koshik, vivant en captivité dans un zoo de Corée du Sud, serait capable de «parler coréen». La parole est à la science.

Koshik, un éléphant vivant en captivité en Corée du Sud, est capable de reproduire des paroles humaines... en coréen | Zoomin TV via YouTube

Koshik, un éléphant vivant en captivité en Corée du Sud, est capable de reproduire des paroles humaines... en coréen | Zoomin TV via YouTube

Les exemples d'animaux capables d'imiter le langage humain sont assez rares. Jusque-là, les recherches scientifiques n'ont pu observer de telles capacités que chez les perroquets ou les mainates, des «oiseaux parleurs» capables de reproduire des sons et des mots issus du langage humain. Noc, un beluga ayant vécu en captivité dans un aquarium de San Diego, aux États-Unis, avait également surpris plusieurs chercheurs, en 2012, en reproduisant précisément les fréquences de la voix humaine.

Mais, plus rare, c'est le cas d'un éléphant d'Asie qui interpelle le New York Times. Ce dernier, baptisé Koshik et vivant en captivité dans dans le zoo d'Everland situé dans périphérie de Séoul, en Corée du Sud, serait capable de «parler» le coréen ou, tout au moins, d'en imiter et d'en reproduire quelques mots comme «Bonjour», «Bien, bravo», «Couché!» ou «Assis!».

Le phénomène n'est pas nouveau puisqu'en 2012, déjà, plusieurs articles et reportages s'étaient déjà fait l'écho de ces surprenantes prouesses. Des chercheurs ont même publié une étude très sérieuse dans la revue Current Biology visant à analyser les mécanismes de ce phénomène. Alors, Koshik parle-t-il le coréen? Oui, en quelque sorte, dans une version assez réduite puisqu'il n'est capable d'imiter qu'une poignée de mots. Koshik comprend-t-il le coréen? Non, certainement pas.

L'étude de 2012 explique que, si l'éléphant est en mesure d'imiter de tels mots, c'est avant tout parce qu'il s'est retrouvé entouré d'humains (des gardiens du zoo, essentiellement) au cours de sa jeunesse: une étape cruciale et fondamentale dans le développement et la création de liens affectifs, expliquait la chaîne de télévision indépendante NTD. Prononcer ces mots ont ainsi pu aider le pachyderme à établir le contact avec ses gardiens, ajoute le New York Times:

«Les chercheurs expliquent qu'il a commencer à imiter les intonations de ses gardiens après avoir été séparé de son troupeau à l'âge de cinq ans et que ce désir de parler comme les humains n'était que le résultat d'une grande solitude.»

Quelques précédents

Par le passé, d'autres éléphants –vivant des environnements différents– ont été aperçus en train de reproduire des bruits très spécifiques. En 2005, par exemple des chercheurs ont pu enregistrer les bruits émis par des pachydermes dans le parc national kenyan de Tsavo et ont remarqué que Mlaika, une éléphante femelle, reproduisait des sons semblables à ceux de camions en train de rouler.

Et pour cause, ils se sont aperçus que, la nuit, l'éléphante Mlaika pouvait entendre distinctement des camions en mouvement sur l'autoroute qui relie Mombassa à Nairobi, située non loin de la réserve. Dans un zoo du Kazakhstan, des visiteurs auraient entendu des éléphants d'Asie reproduire des mots en russe et en kazakh, sans que cela soit confirmé et étudié de manière scientifique, en revanche. 

Ce qu'il faut retenir ici, donc, c'est que même si les éléphants sont capables d'imiter des mots prononcés en coréen, ils en ignorent le sens et leur signification.

Bravo quand même, Koshik.

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