Economie

Le rêve de la génération Y? La sécurité de l’emploi

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 26.05.2016 à 18 h 40

Repéré sur Financial Times

Une étude pour les contredire toutes…

Millennial Careers: 2020 Vision | ManpowerGroup

Millennial Careers: 2020 Vision | ManpowerGroup

Les aspirations des générations du millénaire ont fait l’objet d’une littérature managériale surabondante. Si on devait la résumer en quelques mots, on s’en tiendrait au constat d’une génération qui ne tient pas en place et préfère être son propre patron pour innover et vivre une aventure entrepreneuriale que d’effectuer des horaires de bureau dans un grand groupe. Inspirez un bon coup, parce que ce qui va suivre risque d’anéantir toutes vos certitudes sur la question.

Une enquête internationale du groupe Manpower sur le rapport au travail de cette fameuse génération Y (1980-1995), menée auprès de 19.000 de ses membres dans vingt-cinq pays, vient de faire l’objet d’un rapport. Le résultat? Quand il s’agit de déterminer dans quel cadre ils souhaitent travailler, les jeunes privilégient en premier lieu l’argent (92%), en second la sécurité de l’emploi (87%) devant d’autres aspirations comme «le but» du travail ou sa flexibilité, autant de priorités dont les jeunes sont supposément énamourés, note le Financial Times, qui relaie ces résultats.

On peut lire dans le quotidien britannique ces deux phrases dont on invite le lecteur à souligner chaque mot tant elles rentrent en conflit avec l’imaginaire qui s’est développé à propos de l’état d’esprit de cette génération: «Le contrat de travail traditionnel de long terme reste la clé qui débloque un éventail de nécessités de la vie. Sans lui, vous devrez batailler dans de nombreux pays pour obtenir un prêt, un crédit, un contrat de téléphone mobile ou même un logement à louer.»

Salariés à temps plein

C’est vrai en Grande-Bretagne, d’où l’article est écrit, en raison de la multiplication des jobs hyperflexibles (comme les contrats zéro heure), comme en France, où la jeunesse sert de variable d’ajustement du marché du travail. Comme le résume la journaliste du Financial Times, le mythe «de jeunes volages, épris de liberté» est très éloigné de la réalité, ou en tout cas très partiel: «Quand [les jeunes] démissionnent, c’est probablement parce qu’ils recherchent plus de sécurité dans leur travail, et non moins.»

Bien entendu, les attentes des générations du millénaire ne sont pas le parfait décalque de celles des baby-boomers. Les premiers sont en demande de fonctions plus évolutives et de missions plus diverses. Cependant, la tendance majoritaire est constante: les trois quarts des jeunes interrogés sont salariés à temps plein et, quand on leur demande quel statut aurait leur préférence, ils sont 71% à privilégier cette formule historique du salariat.

Le gouffre qui sépare ces résultats de ce qu’on lit –et, de plus en plus, encourage– des aspirations de cette tranche d’âge repose peut-être sur la représentativité des différents panels. L’objectif de l’étude, lit-on dans le rapport de Manpower, était de s’assurer que l’échantillon «représente tous les millenials qui travaillent, pas uniquement le petit pourcentage des salariés à l’aise avec les technologies, mais aussi les diplômés et non diplômés de tous les secteurs, de tous les revenus et de tous les niveaux d’éducation».

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