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Au Pakistan, une militante trans meurt après que des médecins refusent de la soigner

Temps de lecture : 2 min

Selon les proches de la victime, le personnel soignant a mis plusieurs heures avant de décider si Alisha devait être placée dans une chambre avec des hommes ou des femmes.

Photo d'Alisha via Twitter
Photo d'Alisha via Twitter

Une militante transgenre qui avait été blessée par balles à Peshawar au Pakistan, victime d'un gang qui vise particulièrement les personnes trans, est décédée à l'hôpital après que les médecins aient retardé les soins nécessaires, rapporte le Los Angeles Times.

Selon des membres de l'association Trans Action, dont Alisha, la victime, était membre, le personnel médical a mis plusieurs heures avant de décider si elle devait aller dans la salle pour hommes ou pour femmes.

Les proches d'Alisha voulaient qu'elle soit placée avec les patientes femmes, mais certaines se sont plaintes de sa présence. Au bout du compte, le directeur de l'hôpital est intervenu et l'a installée dans une chambre privée.

Les médecins ont ensuite beaucoup tardé à venir, et Alisha n'a pas été transférée dans l'unité de soins intensifs, malgré les demandes de ses proches. Elle est décédée de ses blessures le 25 mai, trois jours après son entrée à l'hôpital.

Discrimination à l'emploi

À l'arrivée aux urgences et à l'intérieur de l'hôpital, les amis de la patiente, qui avait 23 ans, ont raconté que plusieurs hommes, dont des employés de l'établissement et des docteurs, se sont moqués d'Alisha et de ses collègues. Certains ont demandé si elles se prostituaient, si elles avaient le sida et si leurs seins étaient vrais ou faux.

Selon Qamar Naseem, un membre de Trans Action, environ quarante-cinq personnes transgenres ont été tuées dans la province pakistanaise de Khyber Pakhtunkhwa ces deux dernières années.

En décembre dernier, Alisha avait participé à une manifestation pour la défense des droits des trans à Peshawar. A l'époque, elle avait dit à des journalistes que lorsqu'elle avait voulu postuler à un emploi dans un bureau municipal, les employés s'étaient moquées d'elle. Comme beaucoup d'autres personnes trans au Pakistan, Alisha gagnait sa vie en dansant.

Alors que les personnes trans sont en général marginalisées en Asie du sud-est, elles sont aussi considérées comme des porte-bonheur et donc parfois embauchées pour danser lors des mariages et fêtes.

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