Économie / Culture

Pour les artistes britanniques, les vinyles rapportent plus que YouTube

Temps de lecture : 2 min

Le vinyle ne représente pourtant que 2% de la consommation de musique au Royaume-Uni.

La boutique «Vinyl Diner» au Canada | Krystian Olszanski via Flickr CC License by
La boutique «Vinyl Diner» au Canada | Krystian Olszanski via Flickr CC License by

Partout dans le monde, le marché du disque traverse une mauvaise passe, et le Royaume-Uni n'y échappe pas. Pour s'en convaincre, la British Phonographic Industry (BPI), la fédération de l'industrie du disque britannique et équivalent de la Sacem française, met en avant une donnée symbolique dans un rapport dévoilé le 20 mai. Au cours de l'année 2015, les artistes britanniques ont gagné plus d'argent grâce à la vente de vinyles qu'avec les partages de revenus avec les plateformes de streaming de vidéo comme YouTube, souligne The Guardian.

Alors que l'on a souvent présenté le streaming comme «la bouée de sauvetage» d'un secteur en crise, la British Phonographic Industry, elle, regrette que l'explosion des vues et du trafic sur les sites de streaming au cours de l'année passée n'ait pas été suivie d'une redistribution financière digne de ce nom pour les artistes britanniques. Et pour cause, si la forte augmentation du streaming audio (82%) a permis une croissance des revenus de 69%, la hausse du streaming vidéo (88%), en revanche, n'a apporté qu'une maigre augmentation des revenus de... 0,4%.

YouTube pointé du doigt

Bilan des courses: le streaming vidéo –essentiellement YouTube–a rapporté aux artistes britanniques un total de 31,5 millions d'euros (24,4 millions de livres), une somme inférieure à la vente de vinyles sur l'année passée qui s'élevait à 32,4 millions d'euros (25,1 millions de livres) et qui ne représente pourtant que 2% de la consommation de musique au Royaume-Uni, note Mashable.

Dans son rapport, la British Phonographic Industry s'attaque directement à YouTube et demande au gouvernement britannique ainsi que l'Union européenne d'agir rapidement. «Les conséquences sur le long terme de ce phénomène sont à prendre au sérieux», alarme-t-elle, prédisant «une baisse de l'investissement dans les nouveaux projets musicaux» et des difficultés pour les artistes à gagner correctement leur vie.

En mars 2016, Kenny Gates, le patron et cofondateur du label de musique PIAS installé à Londres, évoquait, lui aussi, cette situation délicate auprès du quotidien Le Soir.

«YouTube, qui ne paye rien aux labels et aux artistes, c’est un véritable scandale. On reçoit 0,3 centime par stream [sur Spotify]. Pour YouTube, c'est dix fois moins. Et il faut partager cela entre le distributeur, le label et l'artiste.»

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