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En Lituanie, la «Révolution du chou-fleur» gronde

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 22.05.2016 à 10 h 34

Repéré sur The Guardian, The Baltic Times

En cause, la hausse des prix des produits alimentaires dans le pays.

Cauliflower | Nick Saltmarsh via Flickr CC License by

Cauliflower | Nick Saltmarsh via Flickr CC License by

Tout a commencé lorsqu’une Lituanienne, habitante de la ville de Vilkaviškis, a acheté un chou-fleur au supermarché. Le problème? Son prix, 3,49 euros. Comme le raconte le Guardian, elle a alors partagé son indignation sur Facebook, avec une copie du ticket de caisse.

Le post a été beaucoup partagé et des dizaines de milliers de Lituaniens ont réagi sur le réseau social, clamant leur colère collective à propos de la flambée générale des prix alimentaires. Suite à cela, un groupe Facebook (plus de 100.000 membres à ce jour) a été ouvert, s’indignant des coûts élevés d’autres produits. Et les citoyens mécontents ont mené la semaine dernière un boycott de trois jours des grosses chaînes de supermarchés.

Les producteurs de lait se sont joints au mouvement: ils ont distribué des produits laitiers dans Vilnius, gratuitement, pour dénoncer la façon dont la grande distribution gonfle les prix de vente.

Comme l’explique le Guardian, d’après certains analystes, le prix des denrées alimentaires a augmenté de manière significative, allant même jusqu’à tripler pour certains produits, depuis que le pays a adopté l’euro en janvier 2015. Mais pour le gouvernement, contraint de réagir (d’autant plus qu’il s’agit d’une année électorale), le changement de devise n’est pas à blâmer. Algirdas Butkevicius, le Premier ministre, l'a expliqué à APD News:

«La plupart des produits sont importés de pays de la zone euro, les changements des prix sont donc dus à d’autres raisons, comme les évolutions du marché, les mauvaises récoltes et autres».

Il a cependant reconnu que le coût de certains produits, surtout des légumes, avait bien augmenté significativement au premier trimestre. Tout en soulignant la baisse des prix de certains produits carnés et laitiers produits localement... Les habitants comparent en tous cas leurs tickets de caisse à ceux des voisins polonais, où le panier moyen est bien moins cher, notamment grâce à une fiscalité différente.

Nerijus Maciulis, le chef des économistes de Swedbank en Lituanie, affirme que l'augmentation du prix du chou-fleur, en particulier, a été causée par une hausse saisonnière de la demande mondiale et par de mauvaises conditions météorologiques:

«Je sais qu’il y a la tentation d’accuser quelqu’un, mais l’augmentation du prix du chou-fleur n’est pas due à l’introduction de l’euro ou à la cupidité des agriculteurs ou des détaillants.»

D'après lui, les prix du chou-fleur aux Etats-Unis, au Canada et en Nouvelle-Zélande sont bien plus élevés.

Selon le Guardian, ces protestations ne peuvent pas encore tout à fait constituer une «Révolution du chou-fleur», mais ont tout de même déjà un impact. Bien que les responsables nient quelconque lien avec le boycott, Maxima, la principale chaîne de supermarchés, a diminué les prix de certains articles de 20 à 40%. 

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