Sciences / Égalités

Dans les sociétés progressistes et égalitaires, les filles sont meilleures en maths

Temps de lecture : 2 min

En matière d'égalité entre hommes et femmes, les valeurs se transmettent entre parents et enfants, ce qui se répercute sur leurs performances scolaires

Exercice | woodleywonderworks via Flickr CC License by
Exercice | woodleywonderworks via Flickr CC License by

Le «fossé mathématique» entre les filles et les garçons se comble dans les pays les plus progressistes et égalitaristes et se creuse dans ceux où les droits des femmes ne sont pas une priorité politique, sociale et culturelle. Un effet observable entre deux générations, conclut une étude publiée dans le numéro de mai de l'American Economic Review.

Menée par Natalia Nollenberger, Núria Rodríguez-Planas et Almudena Sevilla, elle confronte les résultats aux tests Pisa de 11.527 adolescent(e)s d'origines étrangères à l'indice d'inégalités de genre du pays d'origine de leurs parents. L'échantillon constitué par les chercheuses implique 35 pays d'origine, 9 pays d'accueil et concerne les années 2003, 2006, 2009 et 2012.

En moyenne, dans cette seconde génération d'immigrés, les garçons surpassent les filles en maths de 15,70 points, soit l'équivalent de 4,5 mois d'études. Dans les pays les plus inégalitaires, on atteint 63 points, soit une année et demie d'études. À l'inverse, dans les pays les mieux classés à l'IIG, les filles de parents immigrés dépassent leurs homologues masculins de 36 points, soit 10 mois d'études. Globalement, à chaque augmentation de l'IIG de 0,05 points (soit un écart-type), les filles gagnent 7,47 points (1,5 mois de scolarité) sur les garçons.

Le cas turc

«Plus il y a d'égalité sexuelle dans le pays d'origine, plus les résultats mathématiques des filles de la seconde génération d'immigrés sont élevés par rapport à ceux des garçons», résument les scientifiques, qui établissent une corrélation de 0,22 entre ces deux phénomènes.

«Ces garçons et ces filles ont grandi et vivent dans le même pays, mais leurs parents viennent d'ailleurs, précise Almudena Sevilla. Les différences de performance entre les filles et les garçons –vu qu'ils vivent dans le même environnement et sont exposés aux mêmes institutions– sont probablement le résultat des valeurs en matière d'égalité sexuelle transmises des parents (ou du réseau social) aux enfants».

Natalia Nollenberger s'arrête sur le cas de la Turquie «un exemple de pays où le niveau d'égalité sexuelle est bas» –son IIG est de 0,58. À la seconde génération, les filles ont 13,8 points de retard par rapport aux garçons. «Nos données montrent que si la Turquie avait un niveau d'égalité sexuelle plus élevée et plus proche de la moyenne des pays d'origine de notre échantillon (0,69), alors le fossé mathématique entre les garçons et les filles d'origine turque disparaîtrait».

Slate.fr

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