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Un tampon connecté par Bluetooth, est-ce vraiment bien utile?

Repéré par Aude Lorriaux, mis à jour le 19.05.2016 à 13 h 10

Repéré sur Gizmodo, Mashable

Voilà le dernier gadget vendu aux femmes pour récolter les données personnelles: un engin électronique avec une ficelle au bout.

Crédit: MyFlow

Crédit: MyFlow

C’est la nouvelle invention technologique pour les femmes dans le vent: le tampon connecté au bluetooth, appelé «my.Flow». La «chose la plus intelligente que vous puissiez mettre dans votre vagin», selon Gizmodo. Le principe: un tampon, donc, avec une longue ficelle connectée à un récepteur Bluetooth, lui-même connecté à votre smartphone, qui vous indique quand votre bout de coton est rempli et qu’il faut le changer. Mais quelle bonne idée!

Ah oui, vraiment? Qui donc a pu s’imaginer que des femmes aimeraient avoir un engin électronique dans la vulve avec une ficelle au bout? L’enthousiasme de Gizmodo semble d’ailleurs un peu refréné par les commentaires des principales intéressées, aucune des jeunes femmes interviewées par la journaliste auteure de l’article «n’étant emballée par l’idée d’avoir un tampon connecté à la ceinture».

«Le calvaire des ceintures en caoutchouc»

Pas étonnant: pour 50 dollars l’engin Bluetooth puis 13 dollars ensuite par mois pour les tampons, qui aurait envie d’un machin encombrant vous donnant l’impression d’avoir un minuteur dans le vagin? Alors que n’importe quelle jeune femme sait très bien au bout de quelques jours d’utilisation s’il lui faut plutôt changer son tampon toutes les heures ou toutes les trois heures.

«Ce système n’est pas sans rappeler le calvaire des ceintures en caoutchouc utilisées par nos arrière-grands-mères, et refrénera beaucoup d’utilisatrices potentielles», concède lui aussi dans un éclair de lucidité le site Mashable, qui promet pourtant dans son titre un «tampon connecté [qui] va permettre de suivre ses règles au plus près» et paraît enchanté par «une innovation qui répond aux besoins des femmes». Aux besoins des femmes, ou des sites spécialisés dans les nouvelles technologies et des start-ups désireuses de s’engouffrer dans ce juteux marché?

«Cher payé pour les trois minutes d’attente»

Mais ce n’est pas le seul outil «connecté» à nous prendre pour des quiches. En janvier, nous vous parlions du «premier test de grossesse connecté et parfaitement dispensable», un test dix fois plus cher que les produits classiques. Qui ne nous ôte pas la charmante tâche d’avoir à pisser sur un bâtonnet, pas du tout, mais offre la possibilité de faire passer les trois minutes d’attente avec quelques infos et de paramétrer la manière dont nous allons recevoir le résultat: en toute sobriété pour celles qui ne veulent pas tomber enceintes, ou avec fanfares et trompettes pour les autres. Le tout, en gobant vos données personnelles. «C’est beaucoup donner (et cher payé) pour que les trois minutes d’attente passent plus vite», faisait remarquer notre journaliste Mélissa Bounoua.

Le même commentaire s’applique aussi bien à ce nouveau tampon-gadget. «Qui donc a besoin d’un tampon connecté, quand on a un peu de bon sens?» titre le site Engadget.

Heureusement, les nouvelles technologies peuvent aussi produire des outils plutôt utiles pour les femmes, comme ces applications qui aident à mieux définir les jours de fertilité, en démocratisant la méthode de connaissance des cycles de menstruation. Une méthode, qui, bien utilisée, pourrait un jour permettre aux femmes d’avoir à éviter de gober des hormones, avec des taux d’échecs semblables à la pilule (0,6%). La technologie n’est jamais bonne ou mauvaise en elle-même, tout dépend toujours de ce que l’on en fait.

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