France / Histoire

Au XVIe siècle, en France, les troubles de l’érection étaient punis par la loi

Temps de lecture : 2 min

L’impuissance était l’affaire de tous.

Dès le XVIe siècle, l’impuissance était répréhensible | David via Flickr CC License by

Les troubles de l’érection n’ont pas d’âge. Dès le XVIe siècle, ils constituaient déjà un véritable problème de société. À cette différence près que l’impuissance était légalement répréhensible et passible de procès. The Paris Review nous emmène dans ces procès ubuesques des troubles érectiles décrits par l’historien Pierre Darmon. L’auteur du livre publié en 1979 Le tribunal de l’impuissance: virilité et défaillances conjugales dans l’ancienne France revient sur les déboires du marquis de Langey, noble accusé par sa femme d’impuissance.

Le noble est traîné par sa compagne également aristocrate devant le tribunal de l’impuissance en 1657. L’Église considère à cette époque qu’un homme, s’il n’honore pas sa femme «corporellement», viole délibérément le sacrement du mariage. Il peut valider un divorce et exiger des dommages et intérêts du mari coupable de troubles de l’érection.

Acte de chair en public

Après interrogatoires séparés et inspection approfondie des organes génitaux du couple, la jeune femme obtient de la cour indécise la réunion du Congrès en 1659, une assemblée où l’homme doit faire acte de chair en public. Devant des médecins, des hommes de droit, d’Église et des témoins, le pauvre marquis passe son test conjugal. L’examen ne fut pas concluant et le damoiseau humilié perdit le divorce, quelques-uns de ses biens et se vit interdire le mariage jusqu’à la mort de son ex-épouse.

Comble de l’histoire: quelques années plus tard, le marquis de Langey trouva une autre femme avec qui il eut six enfants, prouvant à qui voulait bien le croire qu’il était normalement constitué. Le scandale lié à l’erreur judiciaire du tribunal fut tel qu’il aboutit à un arrêt du 18 février 1677 du parlement de Paris qui supprima la réunion du Congrès et démontra l’impuissance de cette procédure. Dès lors et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, un simple examen de l’appareil génital suffisait à prouver sa bonne foi.

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