France

La manifestation des policiers bat le record des écarts de comptage syndicats/police

Bruno Cravo, mis à jour le 18.05.2016 à 19 h 45

Ce 18 mai 2016 le ratio entre le nombre de manifestants comptabilisés par les organisateurs et ceux dénombrés par la police a atteint 7.

À Nantes, ce 18 mai I JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

À Nantes, ce 18 mai I JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Si le mouvement n'a pas rencontré un énorme succès, en termes d'écart de comptage c'est du jamais vu. Les policiers à l'appel de leur syndicat Alliance Police Nationale ont défilé ce 18 mai à Paris pour dénoncer la «haine antiflic» qu'ils subissent ces derniers temps en marge du mouvement «Nuit Debout» et des manifestations contre la loi travail. Les organisateurs ont dénombré 7.000 participants quand la police n'a compté que 1.000 mécontents. Une estimation qui varie du simple au septuple et dépasse largement la traditionnelle asymétrie constatée à chaque descente dans les rues.

En règle générale, le ratio se situe autour de 2 mais peut connaître des pics bien plus élevés comme ce fut le cas pendant les défilés de la «Manif pour tous» en 2013-2014. À force d'obtenir des chiffres fantaisistes des deux côtés, on scrute le chiffre des syndicats, celui de la police et on se place au milieu pour se faire une vague idée de la mobilisation.

 

 

Méthode et enjeu politique

L'écart s'explique d'abord par une différence de méthode dans le décompte. Par exemple, contrairement aux policiers, les syndicats prennent aussi en compte les personnes qui défilent sur les trottoirs. Derrière tout cela il y a surtout un enjeu politique évident, chaque camp se réservant une petite marge de manœuvre pour montrer qu'un mouvement faiblit ou prend de l'ampleur.

Ce que reconnaissait Nicolas Comte, policier et représentant du syndicat Unité police SGP-FO: «Le chiffre qui est compté sur le terrain par les policiers n'est pas toujours celui communiqué». Un phénomène qui s'amplifie à mesure qu'un mouvement s'étend sur plusieurs semaines voire plusieurs mois. Cette fois le ras-le-bol de la police n'a eu besoin que d'un seul rassemblement pour battre tous les records.

Bruno Cravo
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Journaliste
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