Santé / Tech & internet

Ce que Google nous dit de notre envie de rire

Temps de lecture : 2 min

Les recherches liées à l'humour suivent généralement un rythme bien précis sur la semaine... sauf quand l'actualité vient s'en mêler.

Les recherches Google indique des variations d'humeur cycliques | Kati Fischer via Flickr CC License by

Seth Stephens-Davidowitz, journaliste au New York Times, a analysé les recherches Google des Américains pour comprendre quand ces derniers étaient les plus enclins à rire. Adaptée à la France, la méthode montre des résultats réglés dans le temps comme du papier à musique.

Selon nos propres observations, les requêtes Google des termes «blague», «humour» ou «sketch» suivent en effet un cycle aussi simple que régulier: après une chute très importante le lundi, le nombre de recherches repart doucement à la hausse le mardi et croît jusqu'au samedi avant de retomber le dimanche. Une variation encore plus marquée qu'aux États-Unis, où la hausse est importante et stable du vendredi au dimanche.

Cela signifie-t-il que nous serions moins enclins à rire aux moments où nous sommes les moins heureux? Les chutes des requêtes semblent en effet illustrer les phénomènes de mal-être souvent appelés «blues du dimanche soir» et «déprime du lundi matin», d'autant qu'elles suivent une courbe qui est l'inverse de celles des recherches des termes «docteur» et «maladie», qui montent en pic le lundi pour diminuer lentement dans la semaine et chuter pendant le week-end. Autre élément allant en ce sens, les arrêts de travail pour maladie se concentrent le lundi tandis que ceux pour accident sont répartis de manière plus stable dans la semaine. Mais il s'agit en l'état d'une corrélation, et non d'un lien de cause à effet prouvé.

Variations par cycles hebdomadaires, mis à part le pic du 1er avril, des requêtes Google «blague» et «humour»

Variations par cycles hebdomadaires des requêtes Google «docteur» et «maladie» sur les 90 derniers jours

«Blagues de Jawad»

Nous sommes donc au quotidien des êtres prévisibles et programmés, nous ne cherchons à nous amuser que les jours où nous sommes déjà heureux, d'accord. Mais est-ce aussi le cas lors de chocs émotionnels nationaux? Ce fut en tout cas le cas lors des attentats du vendredi 13 novembre 2015 où les requêtes «blague» et «humour» ont chuté de manière importante le samedi, moment normalement «propice». Elles ont mis plusieurs jours à remonter à des taux habituels. Une autre recherche au cycle similaire a été touchée selon le même schéma, celle du terme «musique». Ce phénomène n'était en revanche pas observable lors des attentats de janvier 2015, où l'une des cibles était un journal satirique.

En temps normal, les recherches associées suivent le rythme de l'année plus que l'actualité. Cela se concrétise par des recherches du type «humour neige», «blague muguet» et «humour bonne année». En janvier 2015, les thèmes les plus populaires et ceux en hausse concernent certes le Nouvel An, mais aussi et surtout l'actualité: «humour charlie hebdo», «blague charlie hebdo», «blague terroriste», «humour noir», etc. Une façon de conjurer le sort qui se répétera en novembre avec pour mascotte Jawad, le «logeur de Daech».

Certes, la méthode de Seth Stephens-Davidowitz reprise ici ne fait preuve ni d'esprit scientifique, ni de précision chirurgicale car les internautes ne sont pas tous les Français et qu'on ne sait pas précisément combien de personnes ce type de recherche (notamment le concept un peu suranné de «blague») concerne. Ces observations sommaires viennent cependant éclairer d'une autre manière l'idée poétique de Boris Vian selon laquelle «l'humour est la politesse du désespoir.»

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