Monde

Que signifie la peinture murale du baiser de Poutine et Trump?

Temps de lecture : 2 min

Ce «baiser fraternel» entre les deux hommes a fait le tour du monde. Le petit restaurant libertaire lituanien qui en est à l’origine s’est inscrit dans l’histoire des détournements de ce célèbre baiser entre Leonid Brejnev et Erich Honecker en 1979.

Le baiser de Donald Trump et Vladimir Poutine, sur la devanture du restaurant Keule Ruke à Vilnius, Lituanie. | Petras Malukas / AFP
Le baiser de Donald Trump et Vladimir Poutine, sur la devanture du restaurant Keule Ruke à Vilnius, Lituanie. | Petras Malukas / AFP

Sur le mur d’un petit restaurant de barbecue de Vilnius, capitale de la Lituanie, une peinture murale d’un artiste local fait le tour du monde en raison de son motif: la fresque représente le président russe Vladimir Poutine et le très probable candidat républicain à l’élection présidentielle américaine Donald Trump en train de s’embrasser sur la bouche.

Une photo de la fresque postée sur le compte Facebook du restaurant lituanien Keulė Rūkė.

L’œuvre s’inscrit dans une lignée de représentations et détournements d’un baiser historique entre le président du Soviet Suprême de l’URSS Leonid Brejnev et le président de la République démocratique allemande Erich Honecker, scène immortalisée en 1979 par le photographe français Régis Bossu. Sa photo, reprise notamment en couverture de Paris Match, fera le tour du monde.

Mais ce n’est que dix ans plus tard que le «baiser fraternel», comme on l’appelle parfois, acquiert le statut d’icône de la pop culture. En 1990, l’artiste russe Dmitri Vrubel s’en inspirera pour une fresque réalisée sur une portion du mur de Berlin qui vient de tomber, devenant ainsi une des œuvres de street art les plus célèbres, ainsi qu’un symbole de ce qui reste de l’ex-Union soviétique. Son œuvre curieusement intitulée «Mon Dieu, aide-moi à survivre à cet amour mortel» deviendra un passage obligé du tourisme berlinois.

Mon Dieu, aide-moi à survivre à cet amour mortel en 1990 | Archives fédérales allemandes via Wikimedia Commons License by

Géopolitique espiègle

Le baiser devient un motif récurrent et Benetton s’en empare en 2011 pour le détourner dans sa campagne de publicité UNHATE, dont le principe est d’associer deux adversaires ou ennemis politiques réunis par un baiser fraternel sur la bouche.

Affiche de la campagne «Unhate» de Benetton, 2011.

La parodie de l’artiste lituanien Mindaugas Bonanu et de son commanditaire, le patron du restaurant de barbecue sur la devanture duquel il a peint le baiser, s’inscrit donc dans cette tradition d’espièglerie.

Mais que veut exactement dire ce baiser? L’œuvre du street artist berlinois était ambiguë: alors que l’Allemagne de l’Est se libérait du joug soviétique, le baiser de Brejnev pouvait passer pour une étreinte étouffante de la part de l’ancien grand frère russe. Le rapprochement de Poutine et de Trump est une référence à l’admiration mutuelle que se portent les deux hommes, qui partagent, à défaut d’une vision géopolitique commune, un certain style qui mêle fermeté politique et obsession pour les attributs de leur virilité.

Une inscription sur la fresque apporte un début de réponse. «Make everything great again» («Faire que tout soit grand à nouveau»), lit-on à gauche du baiser du restaurant lituanien. Une appropriation du slogan de campagne de Trump, «Make America great again» («Refaire des États-Unis un grand pays»), formule utilisée avant lui par Ronald Reagan, de sorte que ces différentes citations et parodies finissent par s’entrecroiser...

Le propriétaire du restaurant a été plus explicite encore. Les Pays baltes sont une zone tampon entre l’Otan et la Russie et, si les États-Unis et la Russie devaient se rapprocher à la faveur de l’amitié entre Trump et Poutine, «cela aurait lieu dans les États baltiques... avec des langues ou avec des tanks», affirme-t-il, relate le Washington Post. Le restautareur présente son commerce comme un «petit lieu libertaire situé à la frontière de l’Otan avec la Russie», dont il a toujours pensé qu’il serait «viral un jour». C’est désormais chose faite.

Sur le mur extérieur d’un restaurent lituanien, Donald Trump et Vladimir Poutin s’embrassent. | Petras Malukas / AFP

Une photo publiée par Slate France (@slatefrance) le

Slate.fr

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