Sciences

Pourquoi il ne faut pas faire une confiance aveugle aux pilotes

Temps de lecture : 2 min

Ceux que nous considérons souvent comme des êtres exceptionnels sont tout aussi irrationnels que nous.

Les pilotes sont influencés dans leur choix par des informations que l’on peut considérer comme trop anciennes | Richie Diesterheft via Flickr CC License by

Si vous devez prendre bientôt l’avion, sauvegardez cet article dans vous favoris et attendez votre retour pour le lire. À moins que vous ne vous sentiez l’âme d’un aventurier prêt à mettre sa vie entre les mains d’une personne aux choix irrationnels.

Dans une étude publiée dans la revue scientifique Applied Cognitive Psychology, le professeur de psychologie appliquée Andrew Gilbey et son collègue à l’école d’aviation de l’université de Massey Stephen Walmsley soulignent que les choix des pilotes en cas de situations à risque sont loin d’être purement rationnels. Les deux chercheurs de Nouvelle-Zélande ont travaillé avec un panel de 200 pilotes de vols commerciaux, de vols privés, de transports et des pilotes encore étudiants. Le blog de vulgarisation Research Digest explique que ceux que nous considérons souvent comme des êtres exceptionnels sont soumis à trois principaux biais psychologiques.

Le premier est nommé «effet d’ancrage». Il montre que les pilotes sont influencés dans leur choix par des informations que l’on peut considérer comme trop anciennes.

L’ensemble du panel a été soumis à des simulations de vol identiques mais exposé en amont à des bulletins météo différents. Les pilotes auxquels on a expliqué qu’il faisait beau ont eu davantage tendance à considérer les conditions de vol comme bonnes, avec une situation inverse pour ceux qui avaient pris connaissance de bulletins météo mauvais. Cela signifie donc que les pilotes questionnés font davantage confiance dans leur jugement à des informations passées qu’à la situation observée en temps réel. Un biais psychologique d’autant moins rassurant qu’il se renforce chez les cinquante-six pilotes qui avaient plus de mille heures de vol au compteur.

Estimation du danger

Une autre expérience consistait à présenter une situation théorique aux pilotes avec deux éléments en faveur d’un atterrissage imprévu et un en faveur d’un changement de cap. Ils devaient choisir l’argument le plus important à prendre en compte mais aucune préférence claire ne s’est dégagée. Selon Research Digest, cela pose problème: «Peu importe le nombre d’agents de sécurité, d’alarmes et de certificats de sécurité qu’un immeuble possède: s’il est en feu, vous n’y entrez pas. Les pilotes devraient de la même façon favoriser les preuves qui contredisent l’atterrissage un urgence, mais ils sont en réalité tout aussi susceptibles de se reposer sur les éléments rassurants –ce qui est un exemple de biais de confirmation.»

Lorsqu’Andrew Gilbey et Stephen Walmsley ont présenté des comptes rendus de vol fictifs à leur panel de pilotes, ils ont aussi observé que, pour un seul et même scénario, ces derniers jugeaient plus facilement que les pilotes des exemples donnés avaient pris les bonnes décisions si l’issue avait été heureuse. Ce «biais de résultats» est inquiétant car il montre le peu de poids des éléments extérieurs sur l’estimation d’uns situation de danger. Vous voilà donc rassurés. PNC aux portes, armement des toboggans et vérification de la porte opposée. Bon vol.

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