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Cent femmes poseront nues devant le stade où Trump devrait être déclaré candidat

Temps de lecture : 2 min

L'artiste Spencer Tunick va les photographier pendant la convention de Cleveland en juillet.

Photo d'une installation de l'artiste à Cleveland en 2004.
Photo d'une installation de l'artiste à Cleveland en 2004.

L'artiste Spencer Tunick, qui se spécialise dans les photos de groupe de personnes nues, vient de poster une petite annonce sur son site: il cherche cent femmes bénévoles qui voudraient bien poser nu pendant la convention républicaine de Cleveland en juillet. Chacune portera un miroir rond, comme pour «refléter le savoir et la sagesse des femmes modernes».

Les femmes auront rendez-vous le matin du 17 juillet devant le stade où Donald Trump devrait être investi candidat républicain à la présidentielle américaine. L'installation artistique –intitulée «Everything she says means everything» (ou «tout ce qu'elle dit est très important»)– aura lieu dans un espace privé afin d'éviter des problèmes avec la police.

Tunick ne considère pas nécessairement ce projet comme une protestation militante, et les femmes républicaines sont aussi invitées à poser nues. Mais le projet a bien une visée politique:

«J'ai deux filles –de 9 et 11 ans– et je veux qu'elles grandissent dans un monde progressiste avec des droits égaux et des salaires égaux et que les femmes soient mieux traitées, a-t-il expliqué à Esquire. Je pense que ces cent femmes illuminant le ciel de Cleveland enverront un rayon de savoir sur la ville.»


Pour nos filles, Je ne pouvais pas rester là sans rien faire.

Atténuer la rhétorique de haine

Il a aussi expliqué au magazine Cleveland Scene que ces rayons «aideront peut-être à atténuer la rhétorique de haine et de préjugés contre les femmes avant la convention». Une phrase qui fait référence aux propos mysogynes de Trump, qui a récemment déclaré que si sa rivale démocrate, Hillary Clinton, était un homme, elle ne ferait pas 5% du vote, et que la seule chose qui la sauvait était de pouvoir «jouer la carte des femmes».

Ce n'est pas la première fois que Spencer Tunick est en désaccord avec des hommes politiques républicains. En 2000, une installation de l'artiste sous le pont de Williamsburg à New York (avec plus de 150 personnes nues) avait été initialement interdite par le maire Rudy Giuliani. Mais la Cour Suprême des États-Unis avait donné raison à Tunick, expliquant que le premier amendement de la Constitution protégeait sa liberté d'expression et donc son droit à prendre des photos de personnes nues.

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