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Qui a commis l'attentat en Iran?

Slate.fr, mis à jour le 18.10.2009 à 12 h 15

carte Iran/Zāhedān. Wikipedia CC

carte Iran/Zāhedān. Wikipedia CC

Au moins 20 personnes, dont quatre commandants de l'armée religieuse iranienne (les Gardiens de la Révolution) ont été tués dimanche 18 octobre dans un attentat suicide, dans une ville iranienne frontalière du Pakistan, indiquent les médias iraniens. On dénombre également une quarantaine de blessés. Parmi les victimes figurait le numéro deux des forces terrestres, le général Nour-Ali Shoushtari.

Il s'agit de l'attentat le plus important de ces dernières années contre les Gardiens de la révolution.

Il s'agit d'un «attentat suicide», a indiqué l'agence de presse officielle Irna, selon laquelle «un homme portant des explosifs sur lui les a fait exploser lors d'une réunion des chefs de tribus» de la province avec les commandants des Gardiens de la révolution. L'attentat s'est produit à 08H00 (04H30 GMT), selon les médias iraniens.

L'attentat s'est produit dans la ville de Pishin, à la frontière avec le Pakistan, alors que les commandants des Gardiens de la révolution participaient à une réunion avec les chefs de tribus de la province pour préparer une rencontre destinée à renforcer «l'unité entre les chiites et les sunnites».

Les soldats de Dieu veulent le contrôle du Sistan-Baloutchistan.

Même si aucun groupe n'a encore revendiqué l'attentat, c'est sur l'organisation dénommée Joundallah (soldats de Dieu), que pèsent les plus forts soupçons. Ce mouvement extrémiste a commis plusieurs attentats dans cette région; il a notamment revendiqué l'attentat suicide du 28 mai qui a fait 25 morts dans une mosquée chiite de Zahedan. Dirigé par d’Abdolmalik Rigi, il réunit les rebelles sunnites de l’est de l’Iran, qui se disent proches des talibans afghans. Fort d’environ mille combattants entraînés et armés, le groupe affiche ouvertement sa volonté de prendre le contrôle de la province du Sistan-Baloutchistan.

Le régime de Téhéran accuse également Joundallah d’avoir des liens étroits avec al-Qaïda et ses ramifications au Pakistan. Cet attaque survient justement alors que l'armée pakistannaise mène une offensive contre les talibans au Pakistan.

«L'objectif des terroristes est de perturber la sécurité dans la province de Sistan-Balouchistan. Cela montre qu'ils ne veulent pas que la province se développe sur le plan économique», a déclaré le président du Parlement, Ali Larijani, en présentant ses condoléances aux familles des victimes.

«Très certainement, les Gardiens de la révolution vont agir avec une force encore plus forte pour instaurer la sécurité dans la région», a-t-il ajouté.

La population iranienne, forte de 71 millions d'habitants, est composée à plus de 90% de chiites, mais la province du Sistan-Balouchistan, située à la frontière avec le Pakistan et l'Afghanistan, dont Zahedan est le chef-lieu, abrite une forte minorité sunnite. Elle est considérée comme la province la moins sûre d'Iran en raison de la présence de rebelles mais aussi de trafiquants de drogue.

[Lire l'article complet sur Rfi]

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