Science & santéAllemagne

Les médecins allemands ont analysé le cerveau de la terroriste Ulrike Meinhof

Repéré par Annabelle Georgen, mis à jour le 10.05.2016 à 15 h 13

Repéré sur Der Spiegel, Berliner Zeitung

La Fraction armée rouge provoquait une fascination morbide.

Photo datée du 16 mai 1972 de l'arrestation de la terroriste allemande Ulrike Meinhof appartenant à la «bande à Baader» (extrême-gauche) | AFP

Photo datée du 16 mai 1972 de l'arrestation de la terroriste allemande Ulrike Meinhof appartenant à la «bande à Baader» (extrême-gauche) | AFP

Au matin du 9 mai 1976, la terroriste allemande Ulrike Meinhof était retrouvée morte à la prison de Stuttgart-Stammheim. Le foulard déchiqueté à l’aide duquel elle s’était pendue à la poignée de la fenêtre de sa cellule avait laissé de profondes empreintes sur sa gorge. Elle était la première des membres de la RAF à se donner la mort. Quelques mois avant son suicide, elle avait noté en marge d’une circulaire: «Le suicide est le dernier acte de la rébellion.» Un an plus tard, ses compagnons de lutte Gudrun Ensslin, Andreas Baader et Jan-Carl Raspe se sont à leur tour suicidés dans leurs cellules.

À l’occasion du quarantième anniversaire du décès d’Ulrike Meinhof, l’hebdomadaire Der Spiegel évoque un fait méconnu qui illustre la fascination morbide qu’exerçait alors la Fraction armée rouge auprès de la société comme des autorités allemandes:

«Lors de l’autopsie, le médecin légiste et ancien officier SS Hans-Joachim Mallach a constaté le suicide et a donné le cerveau de Meinhof au neurologue Jürgen Peiffer, qui l’a gardé dans un récipient en plastique rempli de formol. Lors de l’examen, le médecin en est arrivé à la conclusion qu’il y avait “un lien de causalité entre les modifications du cerveau et les actes terroristes qui avaient perdu pied avec la réalité”.»

D’après un article de la Berliner Zeitung datant de 2002, année où une des filles d’Ulrike Meinhof, Bettina Röhl, a eu vent que le cerveau de sa mère dormait depuis des années dans les étagères de la clinique universitaire de Magdebourg, ces modifications de la structure du cerveau d’Ulrike Meinhof seraient la conséquence d’une opération du cerveau qu’elle avait dû subir à l’âge de 27 ans. Les médecins croyaient qu’elle était atteinte d’une tumeur et s’étaient rendu compte en l’opérant qu’il s’agissait en réalité d’un caillot sanguin, qu’ils n’étaient cependant pas parvenus à retirer. Après que Bettina Röhl avait révélé l’affaire dans la presse allemande, le cerveau a été remis à la famille d’Ulrike Meinhof et enterré avec les restes de la terroriste dans un cimetière berlinois, comme le rapportait alors Der Spiegel.

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