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De plus en plus de jeunes Indiens se font allonger les jambes

Repéré par Emeline Amétis, mis à jour le 10.05.2016 à 14 h 52

Repéré sur The Guardian

Les jeunes Indiens sont de plus en plus nombreux à avoir recours à cette opération complexe et dangereuse.

En Inde, les chirurgiens orthopédiques sont confrontés à une demande de plus en plus importante d’opération d’allongement osseux (image d’illustration) | LIU JIN/AFP

En Inde, les chirurgiens orthopédiques sont confrontés à une demande de plus en plus importante d’opération d’allongement osseux (image d’illustration) | LIU JIN/AFP

«C’est de la folie de s’infliger ça.» Le chirurgien a beau avoir réussi à allonger les jambes de plus de 300 patients en cinq ans, Amar Sarin doute encore de l’éthique de cette pratique. Dans un article publié par le Guardian, le chirurgien orthopédique de Delhi déplore les trop nombreux recours dans son pays à cette opération chirurgicale à des fins exclusivement esthétiques (parce qu’en Inde être beau c’est être grand), qui plus est souvent réalisée dans des conditions désastreuses.

Pratiquée pour la première fois dans la Sibérie des années 1950 par le Polonais Gavriil Ilizarov, l’opération (qui servait surtout aux victimes d’accidents ou aux personnes nées avec deux jambes d’une longueur différente) consiste à briser les os des jambes en deux et à les allonger progressivement grâce à une attelle métallique, qui a hérité de son nom«C’est l’une des opérations orthopédiques les plus difficiles à réaliser, et les gens la font après seulement un ou deux mois de préparation, avec un chirurgien qui s’en sert sûrement pour s’entraîner. Il n’y a pas de formation, rien», regrette Amar Sarin.

Chantage au suicide

«Nous ne recommandons pas aux patients d’avoir recours à cette opération, sauf dans des cas exceptionnels. Ces opérations ne sont pas monnaie courante et présentent un risque élevé de complications», explique le président de l’association d’orthopédie indienne, le docteur Sudhir Kapoor.

«Il arrive que nous refusions des propositions», raconte Amar Sarin, qui reçoit une vingtaine d’appels par jour de personnes lui disant: «Je veux être grand. Je dois être plus grand.» Il explique tenter de leur expliquer les risques encourus: «Nous essayons d’abord de les conseiller, mais certains patients ont déjà menacé de se suicider si je leur refusais l’opération. J’ai déjà dû appeler la police à deux reprises.» En avril, un comité éthique de l’État indien d’Andhra Pradesh a convoqué des chirurgiens orthopédiques au sujet d’un jeune homme de 23 ans, opéré après que des docteurs le lui avaient pourtant déconseillé.

Toutefois, le docteur reste persuadé qu’un allongement osseux réussi peut transformer la vie d’une personne: «On peut à peine les reconnaître. Ça vaut le coup de voir à quel point leur confiance en eux grandit.»

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