Monde

Accord sur le nucléaire iranien: le gouvernement américain reconnaît avoir manipulé l'opinion

Temps de lecture : 2 min

Le conseiller qui a reconnu la fuite en profite pour tacler le travail des journalistes.

Barack Obama au sommet du Conseil de coopération du Golfe et des États-Unis, le 21 avril 2016 à Riyad I Jim Watson / AFP
Barack Obama au sommet du Conseil de coopération du Golfe et des États-Unis, le 21 avril 2016 à Riyad I Jim Watson / AFP

Dans un portrait que lui a consacré le New York Times, Ben Rhodes, conseiller adjoint du président Barack Obama pour la politique nationale, reconnaît avoir exagéré plusieurs points de l'accord sur le nucléaire iranien. Le but de la manœuvre était de faire accepter le texte et le rapprochement des deux pays aux citoyens américains.

En février 2013, les rumeurs de discussions entre Washington et Téhéran inquiètent l'opposition républicaine et la porte-parole du ministère des Affaires étrangères américain Victoria Nuland est obligée de s'exprimer pour nier les accusations. Iran et États-Unis sont des ennemis qui n'entretiennent plus aucune relation diplomatique depuis 1979 et la prise d'otages de l'ambassade américaine de Téhéran. Cet épisode des 444 jours inspire toujours un fort rejet de l'Iran parmi la population américaine.

Le successeur de Victoria Nuland, Jen Psaki, a depuis reconnu que les discussions entre les nations ennemies ont débuté en 2011. Mais cette version ne peut pas permettre l'aval de l'opinion publique américaine. Ben Rhodes propose donc à l'administration Obama dont il fait pleinement partie un scénario plus acceptable: celui d'un dégel progressif rendu possible par un Iran en voie de «modération» depuis l'élection d'Hassan Rohani à la présidence à l'été 2013.

Une structure regroupant des experts des relations internationales est créée à la Maison Blanche pour exagérer la portée de l'accord sur le nucléaire iranien et publiciser l'accord auprès des citoyens et des médias. Dans le New York Times, Ben Rhodes raille les médias américains qui ont suivi les dires de cette «chambre d'échos», leur reprochant d'avoir fermé leurs bureaux à l'étranger et de faire couvrir les affaires internationales pour des journalistes inexpérimentés de 27 ans de moyenne qui couvrent les évènements depuis Washington et utilise le ministère comme source principale.

Dans une tribune, le conseiller se défend pourtant d'avoir mis en place un processus sournois : «L'administration est très fière de ce que nous avons construit pour empêcher l'Iran d'obtenir une arme nucléaire et renforcer la sécurité nationale des États-Unis.»

Slate.fr

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