Monde

Une Thaïlandaise risque la prison pour un seul mot envoyé sur Facebook

Temps de lecture : 2 min

Elle répondait à un message envoyé par par un activiste.

Le site de Facebook / Franco Bouly via Flickr CC License by
Le site de Facebook / Franco Bouly via Flickr CC License by

Patnaree Chankij ne s’attendait sûrement à risquer 15 ans de prison à cause d’une loi sur le crime de lèse-majesté. La raison? Un simple mot envoyé dans une conversation privée sur Facebook. Cette femme de ménage de 40 ans, mère d’un activiste pro-démocratie, a répondu «Ja» dans un message, ce qui pourrait se traduire par «Ouais» pour signaler à son interlocuteur, un activiste de 28 ans arrêté le mois dernier, qu’elle avait bien reçu son message. Mais étant donné le contenu des messages précédents, les autorités ont estimé qu’il s’agissait d’un crime contre leur majesté Bhumibol Adulyadej, la reine, ou le prince.

Comme l’explique le New York Times, le chef du département de crime technologique responsable de l’enquête, a affirmé «que les autorités avaient suffisamment de preuves pour montrer que ces deux “prévoyaient quelque chose ensemble”». Il a également expliqué qu’un simple Like était aussi répréhensible et que toute information fausse diffusée par la presse pourrait aussi avoir de graves conséquences pour le ou la journaliste concernée. Le fils de Patnaree Chankij, lors d’une manifestation de soutien, a affirmé de son côté qu’elle n’a «jamais exprimé une quelconque opinion politique ou débattu avec quelqu’un». «La junte utilise ma mère comme une otage, a-t-il ajouté. Et je peux vous dire qu’il ne s’agit pas d’un acte courageux. Et ce n’est pas la façon dont le gouvernement devrait agir avec son peuple.»

Trente ans de prison pour des posts sur Facebook

Human Right Watch (HRW) a dénoncé cette arrestation et estime que la junte militaire, qui a pris le pouvoir il y a deux ans, a utilisé de façon «arbitraire et agressive» de la loi sur le crime de lèse-majesté, qui est utilisée pour censurer tous les discours critiquant la monarchie. «La junte thaïlandaise a sombré à un niveau encore plus bas en mettant en examen la mère d’un activiste grâce à la loi sur “l’insulte à la monarchie”, qui a été systématiquement utilisée pour faire taire les critiques, a expliqué au journal Brad Adams, du HRW. Poursuivre quelqu’un pour sa réponse vague à un message Facebook est juste le dernier épisode outrageant de la loi sur le crime de lèse-majesté.»

«Depuis le coup d’état il y a deux ans, les autorités ont monté 57 dossiers, 44 impliquant des commentaires en lignes», a également indiqué l’ONG. Quand on regarde la liste des motifs amenant ces jugements, il est difficile de cacher sa surprise. Un homme est poursuivi pour avoir insulté le chien du roi, un autre pour s’en être pris à un roi mort il y a plusieurs siècles, et un dernier va passer trente ans en prison pour des messages postés sur Facebook.

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