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L’incroyable histoire de ces nonnes qui ont cartographié un demi-million d’étoiles

Temps de lecture : 2 min

On a découvert l’identité de quatre religieuses qui ont aidé à cartographier le ciel près d’un siècle après leur apport à l’astrophotographie.

Emilia Ponzoni, Regina Colombo, Concetta Finardi et Luigia Panceri, les «calculatrices» de l’Observatoire du Vatican | On Being via Flickr CC License by

C’est en faisant de l’ordre dans ses papiers, comme il l’a précisé à Catholic News, que le frère jésuite Sabino Maffeo, assistant du directeur de l’Observatoire du Vatican et archiviste, a découvert l’identité de celles qui jusqu’à présent étaient restées des petites mains anonymes malgré leur apport considérable à l’astronomie. Emilia Ponzoni, Regina Colombo, Concetta Finardi et Luigia Panceri ont en effet noté entre 1910 et 1921, à l’aide de microscopes et de plaques photographiques, la localisation et la luminosité de 481.215 étoiles.

Ces quatre sœurs de Maria Bambina ont participé au projet international la Carte du ciel, qui a débuté en avril 1887 et visait, à l’aide de 22.000 plaques photographiques en verre, à cartographier le ciel dans son intégralité, comme son nom l’indique. Le Vatican fut l’un des seize États à contribuer à cette gigantesque entreprise d’astrophotographie.

«Femmes calculatrices»

Or, à cette époque, «dans certains observatoires européens, des femmes lisaient les positions des étoiles et les notaient dans un livre avec leurs coordonnées précises», explique le frère Maffeo. À tel point que, dans certains observatoires, à Greenwich ou à Harvard, on parlait de «femmes calculatrices» (parce qu’il fallait tout de même savoir calculer les coordonnées).

Il fallait donc trouver des femmes pour accomplir ces tâches que l’on jugeait subalternes. Le responsable de l’Observatoire de Rome pensa aux nonnes. En juillet 1909, il envoya une lettre à la mère supérieure Angela Ghezzi, de l’ordre de Maria Bambina, situé non loin, soulignant qu’il avait «besoin de deux sœurs avec une vision normale, de la patience et une prédisposition au travail méthodique et mécanique». Deux sœurs débutèrent ainsi ce travail de cartographie en 1910 et furent bientôt rejointes par une troisième puis une quatrième –c’est qu’il y avait de quoi faire.

Leur travail minutieux fut à l’époque remarqué, précise Catholic News Service. En 1920, le pape Benoît XV les reçut lors d’une audience privée. Huit ans plus tard, elles furent décorées par Pie XI d’une médaille d’argent. Reste que leur labeur est longtemps resté anonyme. Avant la découverte de Sabino Maffeo, seules leurs silhouettes apparaissaient dans les livres d’astronomie, souligne le Smithsonian. Et ce alors qu’elles ont hautement contribué à l’élaboration du Catalogue de 254 volumes qui dénombre 4,6 millions d’étoiles, un ouvrage qui fait toujours référence de nos jours.

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