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Pourquoi les tenniswomen devraient jouer avec des balles plus légères

Temps de lecture : 2 min

Selon trois chercheurs israéliens, tant que les conditions de jeu resteront identiques pour les hommes et les femmes, le tennis masculin et le tennis féminin ne seront pas un seul et même sport.

Si les femmes pouvaient jouer sur des courts adaptés, cela permettrait de réduire l’écart de compétitivité entre tennismen et tenniswomen | Barn Images via Flickr CC (domaine public)

Modifier les conditions de jeu pour les adapter aux différences physiques entre hommes et femmes serait un moyen de rendre les matchs de tennis féminins plus compétitifs, et donc plus semblables à ceux des hommes. C’est la principale conclusion d’une étude menée par Alex Krumer, Mosi Rosenboim et Offer Moshe Shapir et publiée dans l’édition d’avril de la revue Journal of sports economics.

Selon les scientifiques israéliens, si les femmes pouvaient jouer sur des courts adaptés –avec des filets plus bas et des balles plus légères notamment–, cela permettrait de réduire considérablement l’écart de compétitivité observé entre matchs féminins et masculins.

Ils se fondent sur l’analyse de quarante-sept matchs joués lors des grandes compétitions de 2010 (vingt-quatre entre hommes, vingt-trois entre femmes), soit un total de 3.844 sets masculins et 3.034 sets féminins. En moyenne, les scores masculins sont bien plus serrés (la configuration 6-4;7-5 étant la plus typique pour un début de match), là où ceux des femmes sont généralement très asymétriques (6-2;6-1).

Conditions de jeu

«Le degré de compétitivité est l’un des facteurs les plus importants dans l’industrie sportive, précise Mosi Rosenboim. L’incertitude des résultats génère un intérêt plus grand de la part de fans et des ventes plus importantes de billets. Cela contribue aussi à la différence de revenus entre les tennismen et les tenniswomen professionnels.»

Les facteurs physiques sont plus importants pour comprendre la disparité de compétitivité qu’une envie de compétition moins élevée chez les femmes

L’étude permet aussi de montrer que les facteurs physiques –force, masse corporelle, vitesse de service, par exemple– sont bien plus importants pour comprendre la disparité de compétitivité entre matchs masculins et matchs féminins qu’une envie de compétition moins élevée chez les femmes, vu qu’à ce niveau de professionnalisme elle est quasiment équivalente.

Les chercheurs notent aussi que le tennis est l’un des rares sports où les conditions de jeu sont identiques selon le sexe des compétiteurs: au basket, au volley et dans les courses avec obstacles, les paniers, filets et haies sont plus bas; au lancer de javelot et au handball, les femmes ont des instruments et des ballons plus légers.

«Sans changement, tant que les hommes et les femmes joueront sur le même terrain, ils ne pratiqueront pas le même sport», conclut Rosenboim.

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