Tech & internet

Facebook se débarrasse maintenant de ses journalistes

Repéré par Mélissa Bounoua, mis à jour le 04.05.2016 à 13 h 14

Repéré sur Gizmodo

Après en avoir débauché un certain nombre il y a quelques années, le réseau social au milliard d'utilisateurs ne sait plus quoi en faire.

Des écrans montrent la nouvelle fonctionnalité «réactions» de Facebook, le 9 octobre 2015. | Gérard Julien / AFP

Des écrans montrent la nouvelle fonctionnalité «réactions» de Facebook, le 9 octobre 2015. | Gérard Julien / AFP

La relation des médias à Facebook est assez complexe: ils sont à la fois en partie dépendant du réseau social pour le trafic qu'il leur apporte. Mais celui-ci veut de plus en plus s'approprier leur contenu, on le voit avec Facebook Instant articles. À cela, le patron du site Mark Zuckerberg répond: «Quand il y a beaucoup d'actu sur Facebook, les gens lisent d'autant plus les infos.»

En janvier 2014, Facebook a lancé une nouvelle fonctionnalité, les «trending news» pour signaler à ses utilisateurs ce qui est très discuté sur le site. En s'inspirant fortement des trending topics de Twitter. Par exemple, ce 4 mai, un des sujets mis en avant par Facebook concerne la campagne présidentielle américaine, et notamment la victoire de Donald Trump dans l'Indiana.

Et pour alimenter cette section du site, ils ont débauché des journalistes de 20 à 30 ans, rapporte le site Gizmodo qui a publié ce 3 mai une enquête sur le fonctionnement de cette équipe. Où l'on comprend que tout n'est donc pas fait par des robots pensés chez Facebook. Les journalistes ont quitté de prestigieux médias pour rejoindre Facebook: The Guardian, MSNBC, Bloomberg, The New York Daily News. Ce sont eux qui ont le pouvoir de choisir quelle actualité va être mise en avant. Mais ils n'ont jamais fait totalement partie de la société Facebook: ils ne sont pas salariés, ils travaillent en indépendants.

Début 2015, ils étaient assez libres, puis les contraintes sur le nombre de textes qu'ils avaient à écrire et de contenus qu'ils avaient à sélectionner se sont accrues. Et on leur a demandé de ne pas dire explicitement ce qu'ils faisaient, pour ne pas avoir l'air biaisé disent à Gizmodo certains des anciens de cette équipe. Beaucoup sont donc retournés dans des médias. Sur un groupe de vingt personnes, huit personnes ont été licenciées sans être remplacées.

L'un des anciens membres de l'équipe dit aujourd'hui:

«Nous faisions partie d'une expérience. Or, avec l'amélioration de l'algorithme, nous avons eu l'impression que nous allions progressivement être remplacés par des machines.»

Ils n'avaient pas tort. Selon les dernières annonces de Facebook, ils risquent d'être remplacés par un nouvel algorithme qui sait quel contenu intéresse chacun des internautes en fonction de ses habitudes de navigation sur le site. L'un des anciens de cette équipe conclut: «Nous étions les esclaves de l'algorithme.»

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