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Pourquoi est-il si difficile de ne pas reprendre du poids après un régime?

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 04.05.2016 à 9 h 18

Repéré sur Obesity, New York Times

Explications avec l’émission américaine «The Biggest Loser».

Des femmes candidatent à l'émission «The Biggest Loser», le 6 mars 2010 à Washington aux États-Unis. | Paul J. Richards / AFP

Des femmes candidatent à l'émission «The Biggest Loser», le 6 mars 2010 à Washington aux États-Unis. | Paul J. Richards / AFP

Si vous avez suivi un jour un régime amaigrissant, vous en avez probablement fait l’amère expérience: le plus dur, ce n’est pas la chute du poids sur la balance, mais l’atterrissage, alias ne jamais regagner son gras perdu.

Une étude publiée le 2 mai dans la revue Obesity offre de nouvelles explications au phénomène du yo-yo en isolant notamment deux de ses principaux facteurs: l’adaptation métabolique et la leptine, l’hormone de la satiété. S’il est si difficile de ne pas reprendre du poids près un régime, surtout s’il a été drastique et votre amaigrissement rapide, c’est parce qu’il induit une diminution à long terme de votre métabolisme basal. Et parce que la perte de poids fait aussi chuter les taux de leptine, vous aurez ainsi d’autant plus de mal à gérer votre faim et à savoir quand il faut poser la fourchette.

Menée par une équipe de onze chercheurs américains, spécialistes des maladies métaboliques, de kinésiologie et de médecine hospitalière, l’étude porte sur quatorze des seize candidats de l’émission «The Biggest Loser», saison 2009. Des candidats dont le New York Times dresse le portrait dans un long article publié le même jour.

Le métabolisme ralentit durablement

Quelques semaines après la fin de l’émission, une partie des auteurs de l’étude parue dans Obesity s’étaient déjà penchés sur ces individus. Avant leurs trente semaines de boot-camp télévisé, avec une moyenne de 148,9 kilos, tous souffraient d’obésité morbide et viscérale (dite de type III). L’émission allait leur faire perdre en moyenne 58,3 kilos. Son gagnant, Danny Cahill, avait même explosé tous les records du programme en se délestant de 108 kilos en sept mois.

Sauf que, six ans plus tard, il en aura repris 50. Et il ne fait pas figure d’exception: sur les quatorze candidats suivis par les scientifiques, treize ont regrossi, en moyenne de 46,4 kilos .

Ce que montre l’étude d’Obesity, c’est qu’après un régime, surtout si la perte de poids a été rapide et importante, le métabolisme ralentit durablement. En d’autres termes, même six ans après, l’organisme continue à brûler moins de calories au repos qu’il en consommait avant –notamment parce que, d’un point de vue évolutif, il est bien plus avantageux de stocker des graisses que de savoir les éliminer.

Continuer à se priver

Pour ne pas regrossir, il faudra continuer à se priver, littéralement. Par exemple, Danny Cahill devrait consommer 800 kilocalories de moins que les hommes de sa corpulence. Et Erinn Egbert, la seule candidate à avoir réussi son régime, doit pour sa part diminuer sa ration journalière de 552 kilocalories par rapport aux femmes de son âge et de sa taille si elle ne veut pas voir l’aiguille de sa balance repartir vers la droite. En moyenne, le métabolisme basal des participants aura diminué de 500 kilocalories par rapport à leurs congénères.

Mais il ne faut pas croire: l’étude offre quand même des raisons d’espérer. Par exemple, la majorité (57%) des participants a réussi à maintenir au moins 10% de sa perte pondérale. Un assez bon résultat, vu qu’en moyenne seuls 20% des individus en surpoids peuvent se targuer d’une telle performance un an après un régime classique. Du côté des obèses ayant suivi un régime médicalisé, les chiffres sont aussi moins optimistes: après trois ans, 37% des participants à un programme anti-diabète ont conservé 7% de leur perte; après huit ans, 27% des participants à un autre programme similaire en ont conservé 10%. En outre, les scientifiques n’observent pas d’adaptation métabolique chez les obèses ayant maigri à la suite d’un by-pass gastrique, et ce, six mois à un an après leur opération et la perte de poids qui s’en est suivie.

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