Science & santé

Les femmes n'ont pas le même bassin à 20 et à 60 ans

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 02.05.2016 à 8 h 59

Repéré sur PNAS, Université de Zurich, Science

Le bassin féminin s'élargit avec la puberté, pour se resserrer avec la ménopause. Une adaptation à la probabilité d'une grossesse sans doute liée à l'action des œstrogènes

JIMIN LAI / AFP

JIMIN LAI / AFP

Parce qu'elles n'ont pas toujours les mêmes chances de tomber enceintes au cours de leur vie, les femmes voient la morphologie de leur bassin évoluer au fil de leur existence. Dans une étude publiée le 20 avril dans les PNAS, l'équipe de la paléoanthropologue Marcia Ponce de León, de l'Université de Zurich, laisse en effet entendre que le pelvis des femmes – qui abrite notamment l'utérus et le canal pelvi-génital par où passe le bébé à la naissance – pourrait s'adapter en fonction de l'âge de sa «propriétaire» et des demandes temporellement fluctuantes de la maternité.

Après avoir comparé la structure osseuse de 275 bassins féminins et masculins en 3D, de sujets morts ou vivants, de la veille de la naissance à celle du centenaire, les sept chercheurs en ont conclu que le pelvis féminin s'élargissait au moment de la puberté pour se rétrécir avec la ménopause. «Comme une fenêtre qui s'ouvre pendant un certain temps, pour se refermer ensuite», précise Ponce de León dans Science.

A la fin de la puberté, chez les jeunes femmes, le bassin est en moyenne 25% plus large que celui des hommes au même âge. Par contre, détaillent les chercheurs, vers 45 ans environ, la morphologie du bassin féminin commence à s'orienter sur une trajectoire «globalement parallèle» à celle du bassin masculin. En d'autres termes, quand la ménopause pointe le bout de son nez, le bassin des femmes commence à se rétracter et, vers 70 ans, les femmes ont un bassin 8% plus étroit que leurs congénères pré-ménopausées.

Pour les scientifiques, ces changements développementaux sont probablement liés à des «modifications hormonales durant la puberté et la ménopause» –notamment au niveau des œstrogènes, connus pour jouer sur la croissance et le développement osseux–, et indiqueraient un «ajustement 'à la demande' de la morphologie pelvienne aux besoins de l'accouchement».

Quand la femme est jeune, avancent les chercheurs, elle a tout intérêt à avoir un bassin large pour ne pas risquer un accouchement difficile et dangereux –bien plus courant chez les humaines que chez les femelles d'autres espèces, et notamment de primates– même si cela signifie une moins bonne «stabilité abdomino-pelvienne», parce que ses organes vont reposer sur des muscles et autres tissus mous et pas sur des os. Par contre, quand une femme prend de l'âge et voit sa fertilité diminuer et s'éteindre, son canal pelvien peut tout à faire se rétrécir, surtout si le phénomène permet d'offrir à ses entrailles un meilleur soutien structurel.  

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