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VIDÉO. Revivez le concert de l’orchestre et du chœur de Nuit Debout

Aude Lorriaux et Marc Pédeau, mis à jour le 01.05.2016 à 12 h 29

La deuxième session du concert du chœur et de l’Orchestre Debout avait lieu samedi 30 avril au soir place de la République à Paris. Un événement lyrique et engagé diffusé en direct sur la page Facebook de Slate.fr.

Près de 280 musiciens et 150 choristes s’étaient inscrits comme participants à l’événement. Soixante-neuf violons, trente-six violoncelles ou quarante-deux flûtes étaient annoncés pour ce concert public qui se donnait samedi 30 avril à 22 heures. Des répétitions ont eu lieu dans l’après-midi même, place de la République à Paris, lieu qui concentre le mouvement Nuit Debout depuis sa création, le 31 mars. Des cours d’instruments gratuits et des débats autour de la place de la musique dans la société se sont également déroulés pendant la journée.

Au programme de cette deuxième session de l’orchestre et chœur de Nuit Debout: le quatrième et dernier mouvement de la Symphonie n°9 de Beethoven, connue sous le nom d’Hymne à la joie. Ce mouvement écrit en 1823 et devenu l’hymne officielle de l’Union européenne en 1986 a dans la seconde imposé le silence de la foule rassemblée sur cette place emblématique parisienne. 

Le Chœur Debout et l’Orchestre Debout a ensuite interprété Va penserio, dernier numéro (n°11) de la troisième partie de Nabucco de Verdi, opéra écrit en 1842. 

Enfin, les spectateur ont pu écouter la Symphonie n°9 du Nouveau Monde de Dvořák (1983), qui avait déjà été jouée lors de la première session de l’Orchestre Debout le 20 avril. Le public en redemandant, Verdi a de nouveau résonné sur la place.

Pour écouter directement le concert, lancez le player ci-dessus à la seixième minute.

«Ce concert est le cœur de Nuit Debout»

«Le concert, ce n’est pas juste un petit truc en plus pour s’amuser, c’est vraiment au cœur des enjeux de ce mouvement, explique Geoffrey Pleyers, de l’université de Louvain et du Collège d’études mondiales au micro de Slate.fr, quelques minutes avant le concert. L’art, ce n’est pas un petit truc où on va s’amuser et qui est en dehors de la vie, pas du tout.»

Pour ce spécialiste des mouvements sociaux, le message de ce concert debout est clair: 

«La collaboration volontaire est plus forte que la compétition; si on joue de la musique, si on chante,  […] on ne joue pas que pour gagner sa vie, mais parce que l’on aime jouer ensemble. Je pense que c’est vraiment un message très fort de Nuit Debout. Ce concert n’est pas du tout annexe à la Nuit Debout mais c’est le cœur de la Nuit Debout.»

Souvent comparée aux Indignés ou Occupy Wall Street, la Nuit Debout prend une ampleur plus importante, selon Yannis, un indigné parisien très actif lors du mouvement de 2011:

«Dans le mouvement de 2016, il y a beaucoup plus de monde et beaucoup plus à ma connaissance de gens talentueux et compétents et des intellectuels qui s’intéressent au mouvement. On ne connaissait pas à l’époque les Dessins Debout, les Musées Debout et j’en passe. Il y a énormément de choses comme ça.»

En attestent l’importante foule et la forte émotion de ce samedi d’avril, place de la République à Paris, pendant l’écoute du chœur et de l’orchestre de Nuit Debout. Pendant trois quarts d’heure, le public est venu assister, sur cette place devenue lieu de rendez-vous politiques et contestataires, à une démarche artistique et engagée. 

«C’est ça aussi un mouvement citoyen, c’est toutes les compétences des gens qui sont rassemblées et qui permettent de réfléchir à un monde meilleur. […] On est là pour prendre les bonnes solutions», ajoute Yannis, quelques minutes avant que le silence ne règne sur la place, que des centaines d’yeux s’écarquillent puis que l’Hymne à la joie retentisse. 

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