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Vous faites des cauchemars? C’est une bonne chose

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 30.04.2016 à 17 h 51

Repéré sur New Scientist, New York Magazine

Selon une nouvelle étude, les cauchemars sont synonymes d'une plus grande créativité.

Insomnia / Jacob Stewart via Flickr CC License by.

Insomnia / Jacob Stewart via Flickr CC License by.

Personne n’aime faire de cauchemar. Non seulement parce qu’ils nous montrent nos pires craintes, mais aussi parce qu’ils sont parfois si réalistes qu'ils nous poussent à nous interroger sur leur sens caché et les messages dont ils sont porteurs. Et pourtant, la science a montré ces dernières années qu’ils pouvaient avoir des effets bénéfiques sur l’homme.

Michelle Carr dirige un département assez particulier au Center for Advanced Research in Sleep Medicine à Montreal: le laboratoire des rêves et des cauchemars. Sur le site New Scientist, elle raconte une étude très intéressante qu’elle a menée avec des personnes ayant des cauchemars «au moins deux fois par semaine». Les personnes souffrant de ce genre de troubles ont notamment rempli des questionnaires et les chercheurs ont analysé leur activité cérébrale pendant leur sommeil. «Ce que les autres laboratoires et nous avons trouvé permet de montrer les cauchemars sous un nouveau jour, écrit Michelle Carr. Aussi horrible soit-il de les avoir, il semble qu’ils permettent d’avoir plus de rêves positifs et augmentent l’empathie et la créativité.»

En ce qui concerne l’empathie, ces nouvelles données confirment une étude de 2013 qui avait déjà mis en avant ce qui peut sembler paradoxal. Le site Science Of Us note également que cette nouvelle étude confirme aussi des recherches menées dans les années 1980 concernant la créativité par Ernest Hartmann. À l’époque, il avait montré que la sensibilité d’une personne plus encline à avoir des cauchemars ont des réflexions de meilleures qualités à leur réveil. Les nouveaux travaux de Michelle Carr et son équipe confirment que les personnes faisant beaucoup de cauchemars ont une plus grande créativité. Par exemple, Jess et Chris, deux des sujets évoqués par la scientifique, ont des métiers particulièrement créatifs: la première est peintre et photographe, le second est musicien. «Les gens qui ont malheureusement beaucoup de cauchemars ont aussi une vie qui est au moins aussi créative, positive et vive qu’elle peut être stressante et terrifiante», écrit Michelle Carr.

Ce n’est pas la première fois que les cauchemars sont valorisés dans des études. L’été dernier, par exemple, le New York Magazine publiait ainsi sur YouTube une vidéo très intéressante pour montrer que ces moments désagréables ou terrifiants aident en réalité notre santé mentale. «Quand vous expérimentez un cauchemar, vous vous réveillez en pensant que cela vous est vraiment arrivé, même si c’est complètement irréaliste, expliquait le site. [...] Les souvenirs sont plus faciles à gérer pour la conscience humaine que les anxiétés vagues sur le monde qui nous entoure.» En clair, un cauchemar transformé en mémoire appartient au passé, ce qui vous permet de prendre de la distance par rapport à ce qui vous angoisse. Les cauchemars ont beau avoir l’air d’être une anomalie, ils permettent en réalité de mieux appréhender le monde qui nous entoure et d’en créer de nouveaux. 

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