Monde

Les fans antisémites de Trump harcèlent une journaliste qui a écrit sur sa femme

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 30.04.2016 à 10 h 20

Repéré sur The Guardian

Melania Trump, le 26 avril à New York. SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Melania Trump, le 26 avril à New York. SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

La journaliste Julia Ioffe a publié un portrait de Melania Trump, la femme de Donald, dans le magazine GQ cette semaine. On y apprend entre autres qu'en Slovénie, le père de Melania a eu un fils hors mariage qu'il a toujours refusé de reconnaître, et dont Melania préfère éviter de parler. Les supporters du candidat républicain ont trouvé le papier trop critique, et pour exprimer leur colère contre la journaliste, ils se sont concentrés sur le fait qu'elle était juive.

Moins de 24 heures après la publication du papier, Julia Ioffe a reçu un déluge d'insultes antisémites, souvent violentes.

Les trolls pro-Trump ont posté des images photoshoppées de la journaliste dans lesquelles elle porte l'étoile jaune et un uniforme de camp de concentration avec la légende «Julia Ioffe au camp Trump»

Elle a égalememt reçu plusieurs coups de téléphone anonymes dans lesquels un interlocuteur mystérieux diffuse des enregistrements de discours d'Hitler. Sur Twitter, les fans de Trump n'ont pas hésité à utiliser des images antisémites des années 1930 et des références à la Shoah.

Bonne journée, de la part des trolls pro-Trump du coin!

«J'ai commencé par vouloir en rire, mais à la fin de la journée, après plusieurs appels téléphoniques comme ça, avec des discours de Hitler, et les images, et les gens qui disent que mon visage serait bien pour faire un abat-jour, c'est dur de rigoler», a-t-elle déclaré au Guardian.

La situation est d'autant plus absurde que Julia Ioffe et sa famille avaient quitté la Russie pour les Etats-Unis il y a 26 ans, en partie pour fuir l'antisémitisme qui régnait dans le pays.

Si la campagne de Trump n'est pas directement responsable de ce genre de débordements, ce n'est pas la première fois que la rhétorique du candidat libère la parole raciste et antisémite. Pendant des meetings politiques de Trump, il est arrivé que des supporters hurlent des insultes racistes, tapent des militants noirs, et crient «Sieg Heil». En règle générale, les groupes suprémacistes blancs et néonazis sont plutôt fans de Trump. En février, David Duke, un ancien leader du Ku-Klux Klan qui gère un site internet antisémite, a appelé ses supporters à voter pour le milliardaire new-yorkais. 

Comme Melania, qui a critiqué l'article de GQ et accusé la journaliste d'être «malhonnête», Trump a fait plusieurs déclarations incendiaires contre les membres de la presse. En février, il a dit qu'il changerait la loi afin de pouvoir faire des procès aux journalistes qui écrivent des papiers qu'il juge faux.

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