Monde

L'État islamique est-il victime de l'«effet du perdant»?

Repéré par Léo Roynette, mis à jour le 01.05.2016 à 10 h 17

Repéré sur The Atlantic

Depuis un peu plus d'un an, Daech semble être en pleine perte de vitesse au Moyen-Orient. Où s'arrêtera la spirale négative?

Capture de la vidéo Vice News d'un soldat de l'organisation État islamique.

Capture de la vidéo Vice News d'un soldat de l'organisation État islamique.

Le vent est-il en train de tourner pour l'État islamique? Le site américain The Atlantic s'interroge. Car si depuis 2012 et son installation en Syrie, rien ne semblait arrêter l'avancée de Daech, depuis début 2015, l'organisation terroriste est sur bien des plans en nette baisse de régime. Ainsi, les rangs djihadistes n’ont jamais été aussi peu remplis. Beaucoup de leurs commandants sont morts ou désertent le champ de bataille, et comme un symptôme, aucune offensive d’ampleur n’a été menée depuis l’été 2015.

Pire encore, 22% du territoire de l'État islamique est passé aux mains de leurs ennemis, les forces gouvernementales de Syrie et d’Irak, ainsi que les Peshmergas kurdes. Embêtant, quand l’un des objectifs principaux de Daech est l’expansion territoriale. Après les vidéos de propagande mettant en scène les combattants de Daech toujours victorieux, Vice News a mis en ligne cette semaine des images d'un des soldats de l'État islamique mort au combat en Irak. On le voit en bien mauvaise posture face aux Peshmergas kurdes. De quoi donner à voir une tout autre réalité que celle mise en avant par la propagande.

 

Renversement de situation

Là où les troupes de Daech ont bénéficié un temps de «l’effet du gagnant», qui leur a permis d'enchaîner les victoires grâce, entre autres, à un capital confiance au top qui faisait reculer leurs opposants, la dynamique semble peu à peu s'inverser et le doute s’installer dans les rangs djihadistes.

S’ils bénéficiaient d’un fort capital sympathie de la part de leurs partisans ou encore de la part d’autres groupes terroristes qui ont porté allégeance au drapeau noir comme Boko Haram en Afrique, l’État islamique en Libye et celui au Yémen, ou encore Wilayat Sinaï en Égypte, ceux-ci pourraient être bientôt tentés de s’en séparer pour éviter d’être affilié à un groupe en pleine déroute. C’est ce que l’on appelle l'«effet de halo», qui va avoir tendance à repousser les potentiels sympathisants qui ne miseront plus sur la réussite de l’État islamique.

Prophètes ou escrocs?

De même, si le caractère divin que les combattants de Daech attribuent à leur mission a favorisé leur aura et l'engagement sur le terrain, il pourrait également précipiter leur chute. Les défaites mettent alors à nu un sentiment d'arnaque ou de désarroi, faisant passer les cadres de l'organisation pour des escrocs qui se sont servis de Dieu afin de légitimer leurs actes.

Néanmoins, il n'y a pas de quoi se réjouir trop vite. Et l’État islamique est encore loin d’être passé de mode. En tant que très bons communicants, ils se servent des attentats en Europe pour détourner l’attention de leurs cuisantes défaites au Moyen-Orient. Alors que leur avenir semble compromis en Syrie et en Irak, Daech mise maintenant sur ses combattants extérieurs, que certains estiment aux alentours de 400 en Europe, prêts à passer l’action. Si l’État islamique est une bête blessée, elle en est peut-être encore plus dangereuse.

DaechEtat IslamiqueSyrieIrakrecul
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte