Allemagne

Oldschool Society, le groupuscule néonazi qui voulait faire exploser un foyer pour réfugiés

Repéré par Annabelle Georgen, mis à jour le 28.04.2016 à 18 h 57

Repéré sur FAZ, Die Welt

Le procès très médiatisé de quatre de ses membres s'est ouvert cette semaine.

Un des membres des Old School Society à l'ouverture de son procès I MICHAELA REHLE / POOL / AFP

Un des membres des Old School Society à l'ouverture de son procès I MICHAELA REHLE / POOL / AFP

Leur nom: OSS, comme «Old School Society». Leur logo: un crâne humain flanqué de deux hachoirs de boucher ensanglantés. Quatre des membres de cette organisation ouvertement xénophobe et soupçonnée d'être une cellule terroriste comparaissent depuis mercredi 27 avril devant le tribunal de Munich. Ils sont accusés d'avoir fomenté un attentat contre un foyer pour réfugiés situé dans la ville saxonne de Borna, rapporte le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung.

À la barre, Andreas H., un peintre en bâtiment âgé de 57 ans, ex-membre du parti néonazi NPD, qui occupait le poste de président de l'association Oldschool Society. Le vice-président, Markus W., était déjà bien connu des services de renseignement: selon le quotidien Die Welt, il avait lui aussi été encarté au NDP par le passé et faisait partie du noyau actif de l'amicale Aachener Land, un groupuscule d'extrême droite aujourd'hui interdit en Allemagne. La trésorière, Denise G., et le porte-parole, Olaf O., font également partie des accusés. Tous ont été arrêtés en mai 2015 au cours d'une vaste opération policière menée à travers le pays.

Résidant dans différents Länder, les membres de l'organisation communiquaient entre eux au départ via internet, avant de créer un groupe de discussion sur Whatsapp à l'été 2014 puis de migrer vers la messagerie cryptée Telegram afin d'éviter de se faire repérer. Mais tout en ouvrant une page Facebook au nom de l'organisation pour recruter de nouveaux membres, qui avait récolté plus de 3.000 likes avant sa fermeture par les autorités allemandes.

Selon Die Welt, les membres d'OSS se rencontraient virtuellement trois soirs par semaine pour évoquer leurs ennemis désignés: les réfugiés, les musulmans, les membres de l'extrême gauche. Malgré leurs précautions, leurs échanges ont été surveillés par l'Office fédéral de police criminelle durant des mois. Die Welt cite en exemple cet extrait de conversation qui figure dans le dossier de l'enquête:

«Ensuite, nous faisons exploser une mosquée l'une après l'autre et nous suspendons des porcs sur les lieux.»

Jusqu'à ce que lors d'une de ces discussions, les participants fassent explicitement référence à un projet d'attentat contre un foyer pour réfugiés au moyen d'explosifs qu'ils s'étaient procurés en République tchèque. Lors des perquisitions menées quelques jours plus tard, des pistolets à gaz, des explosifs et des clous ont été retrouvés chez certains des accusés.

Ce nouveau procès de l'extrême droite est très médiatisé en Allemagne, où les attaques visant les foyers pour réfugiés se sont multipliées en 2015 et ces derniers mois, et ce alors que  le procès de la cellule terroriste d'extrême droite NSU, soupçonnée d'avoir perpétré une série de meurtres et d'attentats racistes, est toujours en cours.

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