Économie / Société

Les ateliers de peintres de la Renaissance, ancêtres du coworking

Temps de lecture : 2 min

Ce que les incubateurs de start-ups peuvent apprendre des ateliers d'artistes italiens du XVe siècle.

"Old Man with Water Studies". Licensed under Public Domain via Wikimedia Commons.
"Old Man with Water Studies". Licensed under Public Domain via Wikimedia Commons.

Les espaces de coworking, ces bureaux en «open space» où des créatifs freelance de tous bords travaillent côte à côte, sont apparemment un concept nouveau. Mais si le mot «coworking» est apparu en 2005, cette sorte d'utopie de l'interdisciplinarité dans une communauté professionnelle ouverte n'est pas entièrement nouvelle.

Dans un article de la Harvard Business Review, l'économiste Piero Formica explique que cette façon de travailler existait déjà en Italie pendant la Renaissance. Pour lui les espaces de coworking les plus féconds ressemblent un peu aux ateliers de Florence dans lesquels les grands maîtres formaient de jeunes artistes:

«On y encourageait l'émergence de nouveaux talents et l'utilisation de nouvelles techniques. De nouvelles formes artistiques voyaient le jour, avec des artistes qui étaient en compétition entre eux, mais travaillaient aussi ensemble».

Un peu comme les «hubs» d'innovation tels le Campus London de Google à Londres, où des développeurs, codeurs et designers indépendants peuvent rencontrer des investisseurs et des entrepreneurs, ces ateliers du XVe siècle permettaient aux apprentis artistes d'interagir avec des mathématiciens, des ingénieurs, des scientifiques, des architectes et des riches marchands mécènes.

Par exemple, dans l'atelier d'Andrea del Verrocchio, qui était peintre, sculpteur et orfèvre, les disciples se formaient à des carrières diverses en arts et en sciences. Parmi ses étudiants les plus connus, on retrouve notamment Leonard de Vinci, Le Pérugin et Sandro Botticelli.

L'idéal de la fluidité créatrice

Ces structures qui encourageaient la créativité dans plusieurs disciplines peuvent servir de modèles aux entreprises qui cherchent à stimuler l'innovation, explique Piero Formica.

«Les trois points forts de ces ateliers étaient de concrétiser des idées, d'encourager le dialogue et de faciliter la convergence entre l'art et la science.»

Pour lui, l'atelier florentin est l'idéal absolu de la fluidité créatrice, avec divers spécialistes qui confrontent leurs idées et créent des œuvres, une façon de travailler que tentent de reproduire toutes les sociétés qui, comme Google, financent des espaces de coworking et d'incubation.

Certaines entreprises accueillent même des espaces de coworking dans leurs propres bureaux. Le Financial Times donnait récemment l'exemple du créateur de logiciels Menlo Innovations, qui sous-loue une partie de son bâtiment à des jeunes entrepreneurs afin de favoriser cette fameuse stimulation interdisciplinaire qui marchait si bien en Italie au XVe siècle...

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