Santé

Dans l'Oklahoma, si une victime de fellation forcée est complètement ivre, elle est jugée consentante

Temps de lecture : 2 min

Une décision de justice fait polémique.

AFP PHOTO / DAMIEN MEYER
AFP PHOTO / DAMIEN MEYER

Un acte peut-il être véritablement consenti sous l’emprise de 3,4 grammes d’alcool? C’est ce qu’a estimé un tribunal de l’État d’Oklahoma, dans une formulation étrange jugeant qu’on ne pouvait avoir été «forcé» à pratiquer une fellation si on est complètement ivre:

«Il ne peut y avoir de fellation forcée (“forcible sodomy”) quand une victime est tellement intoxiquée qu’elle est complètement inconsciente au moment où est pratiqué l’acte de sexe oral», dit la décision du tribunal, repérée par Le Guardian.

La victime ne se souvient de rien

L’affaire implique une jeune femme de 16 ans et un ado de 17 ans, qui buvaient avec des amis dans un parc. À un moment donné, la jeune femme était tellement ivre qu’elle a dû être portée jusqu’à la voiture de l’adolescent, qui l’a emmenée dans la maison de sa grand-mère. Toujours inconsciente, la victime a ensuite été emmenée à l'hôpital, où son alcoolémie a été mesurée (plus de 3,4 grammes dans le sang) et un test ADN a été effectué, pour vérifier s’il y avait eu une agression sexuelle.

De l’ADN du jeune homme a été trouvé à l’arrière de ses jambes et autour de sa bouche. L’accusé a affirmé avoir reçu une fellation consentie de la victime, qui dit quant à elle ne se souvenir de rien après avoir quitté le parc.

Un fossé avec la réalité

«Utiliser la force quand on parle de fellation forcée inclut bien évidemment utiliser une victime qui est trop ivre pour consentir», proteste Benjamin Fu, procureur de la République du comté de Tusla, qui reproche au tribunal d’avoir introduit de l’incertitude là où la loi était jusque-là claire pour tout le monde.

À la suite de cette décision, les associations ont pointé le «fossé» qui existe entre les lois actuellement en vigueur et les idées qui circulent dans la société sur le consentement et les droits sexuels, et réclamé un changement législatif.

Slate.fr

Newsletters

Le burn-out n'est pas qu'une maladie de millennials

Le burn-out n'est pas qu'une maladie de millennials

Il ne toucherait que la génération internet à l'exclusion des autres. Or, c'est bien parce que tout le monde est concerné que le burn-out mérite une réponse collective.

La jeunesse noire et hispanique, cible privilégiée des pubs de malbouffe

La jeunesse noire et hispanique, cible privilégiée des pubs de malbouffe

Un écart important a été observé avec la population blanche.

Se souvenir de moments heureux réduirait les risques de dépression chez les ados

Se souvenir de moments heureux réduirait les risques de dépression chez les ados

Les scientifiques appellent ce phénomène la résilience.

Newsletters