Monde / Économie

Le Venezuela n’a pas assez d’argent pour acheter ses billets de banque

Temps de lecture : 2 min

Le gouvernement vénézuélien importe la plupart de ses billets de banque. Et l’hyperinflation rend la situation difficile.

A Caracas, Venezuela, le 4 décembre 2015.AFP PHOTO / LUIS ROBAYO
A Caracas, Venezuela, le 4 décembre 2015.AFP PHOTO / LUIS ROBAYO

Alors que les prix du pétrole ont dégringolé ces dernières années, le Venezuela, dont l’économie dépend fortement des exportations pétrolières, est touché par diverses pénuries sévères. Les gens manquent de médicaments, de papier toilette, de nourriture et d’électricité.

Comme l’explique le magazine Bloomberg, on en est même arrivé au point où le gouvernement, qui importe la plupart de ses billets de banque, a du mal à payer les entreprises étrangères qui créent la monnaie du pays. «Le Venezuela est maintenant tellement fauché qu’il est possible que le pays n’ait pas assez d’argent pour acheter son argent», résume Andrew Rosati dans Bloomberg.

À cause de l’hyperinflation, des dizaines de billets sont nécessaires pour le moindre achat. Sur Twitter, un journaliste du New York Times montrait par exemple tous les bolivars qu’il devait donner pour payer trois cafés et deux bouteilles d’eau:

«On dirait un deal de drogue mais ces billets ont juste payé trois cafés et deux eaux.»

Impression de billets

En 2015, la Banque centrale a passé une commande pour plus de 10 milliards de billets, soit plus que ce qu’a demandé la Réserve fédérale des États-Unis dans le même temps, alors que l’économie américaine est évidemment beaucoup plus grande que celle du Venezuela.

Or ces tonnes de billets supplémentaires doivent être achetées et la banque centrale du Venezuela n’a pas vraiment les moyens de les payer. Selon une lettre qui a fuité dans la presse locale, la banque centrale du Venezuela doit 71 millions de dollars à l’entreprise anglaise de création de billets De La Rue.

En 2015, ces milliards de billets étaient importés via avions protégés par gardes armés. Mais la quantité d’argent n’était jamais suffisante. Pendant l’été, le gouvernement vénézuelien a commencé à prendre du retard sur ces paiements à plusieurs sociétés d’impression d’argent, dont De La Rue, mais aussi la française Oberthur Fiduciaire et l’Allemande Giesecke & Devrient.

Comme l’explique l’article de Bloomberg, en 2013, la Banque centrale avait commencé à réfléchir à la création de nouveaux billets aux montants plus élevés, ce qui aurait évité la nécessité d’avoir autant de papier, mais ces projets n’ont pas abouti.

Slate.fr

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