Sports

Leicester City prouve que les statistiques mènent à la réussite

Repéré par Léo Roynette, mis à jour le 27.04.2016 à 17 h 53

Repéré sur Bloomberg

Le club de football Leicester City est en passe de devenir champion d’Angleterre pour la première fois de son histoire. Une surprise sportive qui ne tient pas qu’à la chance.

Supporters de Leicester City le 1er mars 2016 lors du match contre West Bromwich Albion, au King Power Stadium, à domicile | OLI SCARFF/AFP

Supporters de Leicester City le 1er mars 2016 lors du match contre West Bromwich Albion, au King Power Stadium, à domicile | OLI SCARFF/AFP

Qui aurait pu prédire que Leicester City, qui bataillait en 2015 pour son maintien en Premier League, la première division du championnat d’Angleterre, serait en pole position pour remporter le titre en 2016? Certainement pas les bookmakers, pour qui la cote d’une première place pour Leicester était évaluée à 5.000 contre 1 en début de saison –et qui doivent sûrement regretter cette cote a posteriori. Il y avait autant de probabilités que le chanteur Bono soit élu pape, souligne John Micklethwait, fan du club et journaliste à Bloomberg, que ce club anglais au petit budget compte sept points d’avance sur le deuxième, Tottenham, à trois journées de la fin du championnat. Un parcours incroyable, que Leicester ne doit pas qu’à la piteuse saison du «Big Four» ni à son élimination des autres compétitions nationales, qui a préservé les joueurs des blessures. Car, là où Leicester a excellé, c’est dans un recrutement que l’on pourrait qualifier de scientifique.

Pour John Micklethwait, l’entraîneur Claudio Ranieri est devenu «le Frederick Winslow Taylor du football»: il a su dupliquer l’organisation scientifique du travail en une organisation scientifique du football. Tout d’abord en se dotant de Jamie Vardy et Riyad Mahrez, qui évoluaient respectivement en cinquième division anglaise et en deuxième division française, deux joueurs dont personne n’avait jusqu’alors flairé le potentiel. Le tout pour seulement 1,5 million de livres sterling. Et Mahrez, qui avait été snobé par l’Olympique de Marseille… se retrouve élu meilleur joueur de l’année de Premier League.

Recrutement scientifique

Pour réussir un tel recrutement, le secret, c’est les statistiques. À la manière du Oakland Athletics, le club de baseball, dont la remontée fantastique grâce aux statistiques est contée dans le livre Moneyball et le film Le Stratège, qui s’en inspire, Leicester s’est appuyé sur les mathématiques. Par exemple, pour recruter son milieu de terrain N’Golo Kanté, c’est le nombre d’interceptions réalisées par le jeune Français qui a été étudié, raconte John Micklethwait. Pour Mahrez, c’est son habilité à casser les lignes en dribblant qui a été suivie de près par les recruteurs, qui ont également veillé à sélectionner des joueurs véloces.

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Résultat: certains joueurs de Leicester sont parmi les plus rapides d’Angleterre. Une aubaine pour Claudio Ranieri, qui a développé outre-Manche un jeu exclusivement basé sur la contre-attaque, au détriment de la possession de balle. Et, une fois les joueurs en place, leurs déplacements dix secondes avant et après le toucher de balle continuent d’être analysés. Ce qui permet de développer un jeu où même les fautes que les «foxes» font sont «intelligentes», analyse John Micklethwait: suffisamment puissantes pour annihiler une contre-attaque adverse, mais pas suffisamment dangereuses pour s’exposer à un carton jaune. De quoi permettre à Ranieri  d’évoluer «en plein rêve». Plus que quelques jours avant qu’il ne devienne réalité.

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