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Les cyborgs sont déjà parmi nous et la plupart sont des femmes

Repéré par Alexis Patri, mis à jour le 27.04.2016 à 17 h 30

Repéré sur Fusion

Les technologies modifiant et contrôlant le corps sont déjà parmi nous, même si nous ne les considérons pas comme telles.

Contrairement aux image de science-fiction, nos améliorations technologiques les plus avancées sont invisibles | Andrés Nieto Porras via Flickr CC License by

Contrairement aux image de science-fiction, nos améliorations technologiques les plus avancées sont invisibles | Andrés Nieto Porras via Flickr CC License by

Les cyborgs –ces humains améliorés grâce à des technologies implantées ou greffées à leur corps– existent déjà et ils sont bien plus nombreux qu’on ne le croit. La productrice américaine Rose Eveleth explique pour Fusion en être un. Sauf que l’un des deux implants qu’elle possède est considéré comme normal pour l’un et non comme une folie futuriste, preuve de notre rapport ambivalent à la technologie. 

Selon Rose Eveleth, son implant qui lui confère le plus de pouvoir n’est pas la puce électronique implantée entre son pouce et son index, qui lui permet pourtant de déverrouiller son téléphone et des portes sécurisées. Mais cela ne constitue selon elle qu’un «tour de passe-passe amusant».

Son implant le plus puissant, considéré comme banal par son entourage, c’est tout simplement son stérilet. Car, oui, porter un dispositif intra-utérin (DIU) fait bel et bien de vous un cyborg. Pour le certifier, la productrice cite Quinn Norton, un journaliste spécialisé dans les technologies, qui explique que les femmes portant un stérilet sont «mécaniquement modifiées pour contrôler de manière invisible leur biologie avec un taux de réussite proche de la perfection».

Super-pouvoir du stérilet

Les technologies fiables permettant de contrôler le fonctionnement de son corps, qu’elles soient électroniques ou non, existent depuis une cinquantaine d’années. Pourquoi les considérons-nous toujours comme appartenant au futur ou n’existant à notre époque qu’au stade expérimental, voire étant réservées à une sous-culture un peu folle?

Selon Rose Eveleth, la principale explication vient de ce que nous percevons comme étant ou non une technologie, car, comme l’explique l’informaticien Alan Kay, «la technologie est tout ce qui n’existait pas encore à votre naissance». 

Mais la réalité de cette séparation entre technologie réelle et technologie perçue a selon elle des racines plus problématiques. La communauté des «bodyhackers» aurait tendance à refuser de considérer comme cyborg ce qui permet d’augmenter le pouvoir des femmes sur le fonctionnement de leur corps, s’attachant davantage à prendre en compte des innovations proches du monde de la science-fiction (bras mécaniques, améliorations des sens, etc.).

Or, dans cet univers les femmes sont peu présentes et leurs personnages sont le plus souvent ceux de robots ou d’humaines à la plastique augmentée par des éléments mécaniques. Jamais ou presque ceux d’inventrices ou de femmes qui prennent le pouvoir sur leur corps. Alors que c’est ce qu’elles font déjà dans la réalité.

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