Monde

La primaire républicaine la plus importante a lieu dans un État que personne n'a suivi

Temps de lecture : 2 min

Le scrutin qui aura lieu la semaine prochaine dans l'Indiana fait quasiment figure de quitte ou double pour les adversaires de Trump.

Donald Trump, à Indianapolis, le 20 avril. SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Donald Trump, à Indianapolis, le 20 avril. SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Qui aurait cru, au début de la campagne des primaires républicaines, que l'Indiana jouerait un rôle si important? Les électeurs de cet État coincé entre l'Illinois, les Grands Lacs, l'Ohio, le Michigan et le Kentucky doivent voter le 3 mai et décider à qui allouer leurs 57 délégués. Et ils pourraient avoir une influence énorme sur la fin de la compétition.

Comme l'écrivait récemment Nate Cohn dans le New York Times, lorsque l'on commence à faire les comptes, on réalise vite que la quête des 1.237 délégués à atteindre côté Trump passe par une victoire dans l'Indiana.

«Si l'on se fie aux prédictions, Trump gagnera gros dans l'Est et en Virginie-Occidentale, perdra les États ruraux de l'Ouest, où le gagnant remporte tous les délégués, et gagnera sa part de délégués à la proportionnelle dans le Washington, l'Oregon et le Nouveau-Mexique.»

Selon les calculs du journaliste, il devrait alors manquer 175 délégués à Trump pour atteindre la majorité absolue. Resteront alors la Californie, qui alloue 172 délégués, et l'Indiana, qui en enverra 57 à la convention de Cleveland, ce qui a fait dire à Nate Silver, fondateur du site FiveThirtyEight et oracle des présidentielles 2008 et 2012, que l'Indiana est devenu un État clé dans la course anti-Trump.

Car si Trump ne gagne pas en Indiana, il sera condamné à un exploit en Californie, où il devra tout balayer sur son passage, et à des percées improbables dans quelques autres États qui lui sont beaucoup plus hostiles.

Le front Cruz-Kasich

Autant dire que tout le monde a déjà les yeux rivés sur l'Indiana, d'autant que, contrairement à des États comme le Wisconsin, où Ted Cruz a réussi à s'imposer, Trump n'y a pas été aussi attaqué, explique le Washington Post. Les radios locales, qui jouent un rôle très important dans cette campagne, n'ont pas autant cogné sur le milliardaire qu'ailleurs. Pour un animateur interrogé par le quotidien, «imaginer qu'il y a un énorme mouvement anti-Trump en Indiana serait une erreur».

«L'Indiana va être un champ de bataille», prédisait de son côté Ted Cruz le 21 avril. Sur les trois maigres sondages publiés pour l'instant, tous donnent Trump vainqueur avec une marge allant de cinq à huit points. Malgré tout, FiveThirtyEight assure encore aujourd'hui que Ted Cruz y a plus de chances de l'emporter que Donald Trump.

Et le sénateur texan vient de trouver un soutien que l'on n'attendait plus: on a appris que lui et John Kasich, l'autre candidat en lice, avaient décidé de former une alliance pour contraindre Trump à une convention disputée. Pendant que le camp de Kasich laisse la voie libre à Cruz dans l'Indiana, Cruz en fera de même dans l'Oregon et le Nouveau-Mexique en faveur du gouverneur de l'Ohio.

En espérant, de leur côté, que ce soit suffisant pour que cette nouvelle salve de primaires marque bien le début de la fin pour la campagne de Trump. Comme l'indique le Washington Post, il s'agit «au moins de la cinquième fois que ses opposants l'annoncent».

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