Égalités / Culture

Un Tumblr liste les affiches de film qui décapitent les femmes

Temps de lecture : 2 min

La femme sans tête n’est l’apanage d’aucun genre cinématographique ni même d’Hollywood.

Affiches de «Show Girls» (1995), «John Tucker doit mourir» (2006) et de «Romance and Cigarettes» (2005) | Montage Slate.fr
Affiches de «Show Girls» (1995), «John Tucker doit mourir» (2006) et de «Romance and Cigarettes» (2005) | Montage Slate.fr

A priori, le cultissime Le Lauréat et le film d’animation Les Minions n’ont que peu de points communs. A priori seulement. Puisque, pour chacun de ces films, les affiches en faisant la promotion mettent en scène des femmes sans tête.

C’est un parti-pris esthétique ô combien récurrent que pointe le tumblr Headless women of Hollywood. Son auteure, l’actrice de stand-up Marcia Beslky, explique vouloir «attirer l’attention sur cette pratique qui consiste à fragmenter, fétichiser et déshumaniser les femmes telles qu’elles sont données à voir au cinéma, à la télévision, sur les couvertures de livres et dans la publicité».

Et Hollywood semble en effet être friand d’affiches impliquant des femmes dont le visage a été escamoté, soit parce que le corps féminin y apparaît de dos, soit parce que l’affiche s’arrête au niveau du cou d’icelui, soit encore parce que seuls les seins, les jambes ou les fesses y sont incarnés.

«Attrait sexuel»

Ça n’est l’apanage d’aucun genre cinématographique: la femme sans tête peut aussi bien figurer sur l’affiche d’un film d’action un peu bourrin que sur un film considéré comme «intello». Une pratique qui n’a rien d’anodin et que Marcia Belsky analyse de la sorte:

«En décapitant la femme, on la transforme incontestablement en un objet passif soumis au regard masculin. La question de son consentement est écartée en même temps que sa tête, et son but est uniquement celui d'être regardée par les hommes. Sa valeur ne repose plus que sur l’attrait sexuel qu’elle peut exercer sur les hommes, et non sur personnalité.


La fragmentation constante des corps des femmes, avec un accent particulier sur les seins, les fesses et les lèvres, sépare les parties sexualisées de l’intégrité du corps féminin.»

Ça n’est pas non plus une pratique réservée au cinéma. La publicité aussi décapite allègrement les femmes que ce soit pour vendre des mousses à raser ou de la crème liquide. Elle réussit parfois même l’exploit de couper une tête et de rajouter une seconde paire de seins, pour vanter les mérites d’une console de jeu.

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