Sciences / Monde

La Chine se sert de «Seul sur Mars» pour faire de l’œil à la Nasa

Temps de lecture : 2 min

Le directeur de l’Administration spatiale nationale chinoise appelle de ses vœux une coopération avec la Nasa, déjà à l’œuvre dans le blockbuster «Seul sur Mars».

À gauche, Matt Damon dans le rôle de Mark Watney, l'astronaute livré à lui-même sur Mars (Capture d'écran YouTube); à droite, Xu Dazhe, le directeur de l'Administration spatiale nationale chinoise (Ministério da Defesa via Wikimedia Commons, License by)
À gauche, Matt Damon dans le rôle de Mark Watney, l'astronaute livré à lui-même sur Mars (Capture d'écran YouTube); à droite, Xu Dazhe, le directeur de l'Administration spatiale nationale chinoise (Ministério da Defesa via Wikimedia Commons, License by)

L’Administration spatiale nationale chinoise (CNSA) aimerait bien collaborer avec l’Agence spatiale américaine (Nasa). C’est en tout cas la volonté de son directeur, Xu Dazhe, qui a vanté les mérites d’une possible coopération avec les États-Unis lors d’une conférence le 22 avril, rapporte Reuters.

Pour crédibiliser ces avances, le chef de l’agence spatiale chinoise s’est appuyé sur un film loin d’être inconnu outre-Atlantique: le blockbuster hollywoodien Seul sur Mars, dans lequel l’acteur Matt Damon se retrouve, dans un futur proche, livré à lui-même sur la planète rouge:

«Quand j’ai vu le film américain Seul sur Mars, qui envisage une coopération Chine-États-Unis pour une mission de sauvetage sur Mars dans des circonstances urgentes, cela montre que nos homologues américains espèrent vraiment coopérer avec nous, a affirmé Xu Dazhe lors de sa conférence. Cependant, il est regrettable que, pour des raisons que tout le monde connaît, il y ait actuellement des obstacles à la coopération.»

Classement

En effet, alors que la Chine nourrit de grandes ambitions dans sa conquête spatiale et compte mettre en orbite une station spatiale d’ici 2022, le gouvernement américain doute de ses bonnes intentions. Pékin a testé à plusieurs reprises des missiles anti-satellite, ce qui a valu à la Nasa une interdiction de coopération avec la CNSA, décidée par le Congrès américain en avril 2011 au grand dam de l’Agence spatiale américaine. Xu Dazhe a ainsi reconnu que l’objectif premier du programme spatial chinois était de servir les intérêts financiers et de sécurité nationale, avant de souligner que ces efforts étaient tout de même voués à la paix dans le monde.

On peut interpréter cette frilosité de la part des États-Unis comme une manière de protéger sa première place dans le classement des puissances spatiales, alors que le développement rapide des technologies chinoises pourrait compromettre les capacités militaires américaines dans l’espace. Les États-Unis confortent pour le moment leur avance en allouant aux recherches spatiales un budget de près de 20 milliards de dollars par an, dix fois plus élevé que celui de la CNSA, qui s’élève à 2 milliards de dollars.

Pour ce qui est de la planète rouge, la CNSA compte y envoyer une sonde, qui fera son «amarsissage» en 2021.

Slate.fr

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