Monde

Norbert Hofer, l’Autrichien qui fait campagne avec un flingue sur lui

Temps de lecture : 2 min

Celui qui vient de finir en tête du premier tour de la présidentielle autrichienne a joué sur l’ambiguïté autour de son discours et de son image.

Norbert Hofer, le 24 avril 2016 à Vienne, en Autriche | ROBERT JAEGER/APA/AFP
Norbert Hofer, le 24 avril 2016 à Vienne, en Autriche | ROBERT JAEGER/APA/AFP

Presque 36%, c’est le pourcentage de suffrages quasi record du premier tour de l’élection présidentielle autrichienne obtenu dimanche 24 avril par le parti national-populiste FPÖ. Son leader, Norbert Hofer, a réussi à surfer sur le débat autour de la crise des migrants et du chômage, deux enjeux qui agitent actuellement beaucoup de pays européens. Marine Le Pen a d’ailleurs salué son score dans la soirée.

Mais ce qui est assez marquant dans le parcours de l’homme, c’est l’ambiguïté qu’il a montrée tout au long de sa campagne. Il apparaît aujourd’hui comme le visage le plus lisse de son parti d’extrême droite, en totale opposition avec un autre leader beaucoup plus agressif, Heinz-Christian Strache, et la candidate de la campagne 2010, Barbara Rosenkranz, qui avait tenu des propos sulfureux sur le nazisme. Hofer, âgé de 45 ans, est un «ingénieur aéronautique réputé pour sa courtoisie», note Le Figaro sur son site.

Mais Norbert Hofer est aussi un homme qui a mené sa campagne accompagné d’un revolver, un Glock qu’il gardait en permanence avec lui, comme l’a noté le Telegraph:

«Il estimait que l’augmentation du nombre d’armes possédées en Autriche est une réaction naturelle à la crise des migrants. “Dans des temps incertains, les gens essayent de se protéger”, a-t-il dit.»

Xénophobie

Sur son site, Vice News note également que Hofer estime que «l’Autriche doit quitter l’Union européenne, qu’il faut renvoyer tous les étrangers et qu’il faut interdire aux femmes de porter le foulard». Au début du mois d’avril, il avait ainsi tenu un discours sans détour sur les femmes portant le foulard ou la burka. «Pour moi, la burka est un symbole de l’oppression des femmes, tout comme le foulard», avait-il déclaré, avant d’ajouter que «ce que l’on fait chez soi concerne forcément les autres». Il a également affirmé qu’il refuserait, s’il était élu, de nommer dans son gouvernement des femmes portant le foulard. Il a aussi menacé de recourir à la possibilité de dissoudre l’Assemblée si la majorité ne suivait pas ses décisions concernant la crise migratoire.

Mais ce n’est pas uniquement avec ce discours xénophobe qu’il a su convaincre plus du tiers de votants dimanche 24 avril. Eric Frey, politologue, a ainsi expliqué au Deutsche Welle que «les gens sont profondément mécontents de leur gouvernement»:

«Ils sont en colère contre la façon dont il a géré la crise des réfugiés, qui n’a été qu’un problème en plus pour beaucoup d’Autrichiens, qui souffrent déjà du chômage croissant dans le pays, du déficit du budget qui se creuse et d’un système d’éducation qui ne fonctionne plus.»

Résultat, les deux grands partis historiques, qui se partagent le pouvoir depuis 1945, sont éliminés dès le premier tour. Le social-démocrate Rudolf Hundstorfer (SPÖ) a recueilli 11% des voix et le conservateur Andreas Khol (ÖVP) 11,2%. Pour le second tour, la gauche et les modérés ne pourront compter que sur l’écologiste Alexander Van der Bellen, qui atteint pour la première fois le second tour, avec 21,1% des votes.

Slate.fr

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