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Un survivant d'Utøya défend les droits du terroriste Anders Breivik

Temps de lecture : 2 min

Le meurtrier d'extrême-droite avait attaqué la Justice norvégienne pour traitement «contraire aux droits de l'Homme».

Bjørn Ihler refuse que l'on nomme Anders Breivik du même surnom que Voldemort | Lise Aserud / NTB Scanpix / AFP
Bjørn Ihler refuse que l'on nomme Anders Breivik du même surnom que Voldemort | Lise Aserud / NTB Scanpix / AFP

«Pouvons-nous voir notre pire terroriste comme un être humain méritant les droits humains élémentaires et l'égalité promise à chaque citoyen face à la loi?», pour Bjørn Ihler, survivant de la tuerie d'Utøya qui pose cette question dans une tribune publiée par Quartz, la réponse est oui. L'homme a réussi à faire passer ses principes humanistes et égalitaires au-dessus de sa peine et de sa colère et défend aujourd'hui une décision de la Justice norvégienne en faveur des droits humains du terroriste Anders Breivik.

En 2011, cinquante-cinq personnes avaient succombé sous les balles du meurtrier d'extrême droite, lors d'une attaque menée sur l'île d'Utøya qui accueillait les jeunes du Parti travailliste. Condamné à la peine maximale (vingt-et-un ans de prison convertible en perpétuité s'il ne parvient pas à se réinsérer dans la société), Anders Breivik a poursuivi son pays en justice, se plaignant que l'isolement auquel il est soumis va à l'encontre de ses droits. Le 20 avril, une cour norvégienne lui a donné raison. C'est cette décision qui peut surprendre que défend Bjørn Ihler.

Breivik n'est pas un monstre

Le survivant refuse que l'on parle d'Anders Breivik comme d'un «monstre» ou –comme le font certains Norvégiens– comme «celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom», référence à Voldemort qui selon lui «semble involontairement l'élever au-dessus des humains ordinaires».

Bjørn Ihler se félicite au contraire que la justice de son pays soit capable de punir Anders Breivik à la hauteur de son crime, sans pour autant le déshumaniser: «Breivik ne parvient pas à changer la manière dont moi, comme toute ma nation, traitons nos compagnons du genre humain– dont Breivik lui-même fait partie.» Il rappelle au passage l'efficacité de la politique de réinsertion des prisonniers de son pays, conscient qu'elle est souvent mal comprise aux États-Unis comme en Europe de l'ouest.

La décision de la justice est donc pour lui une victoire contre tous les extrémismes qui ont en commun la déshumanisation de l'ennemi désigné et dont il fait une liste non-exhaustive: «Les nazis utilisaient le terme de rats pour parler des juifs, la radio rwandaise incitait les hutus à la violence en parlant des tutsis comme des cafards. Nous voyons la persistance des effets pernicieux de la déshumanisation par le langage usité par certains pour parler des migrants, des immigrants, des musulmans, des Mexicains et des minorités.» Un piège qu'a su éviter la justice de son pays.

Slate.fr

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