Culture

[VIDÉO] Ce concert de Prince de 1982 est une des rares reliques du chanteur sur internet

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 21.04.2016 à 20 h 28

Le chanteur décédé ce 21 avril à l'âge de 57 ans contrôlait de très près la diffusion de ses chansons sur YouTube ou les plateformes de streaming.

Prince en concert au Zénith à Paris, en 1986. PASCAL GEORGE / AFP.

Le chanteur Prince est mort, jeudi 21 avril, à l'âge de 57 ans, dans la banlieue de Minneapolis. D'abord annoncée par le site people américain TMZ, la nouvelle a ensuite été confirmée à l'Associated Press par son agente.

À l'annonce de sa mort, nombreux sont ceux qui ont sans doute voulu aller écouter une chanson de lui en ligne –avant de se souvenir qu'il avait retiré son catalogue de Spotify et de Deezer (mais pas de Tidal, le service de streaming de Jay-Z). Ou aller visionner un clip sur YouTube –avant de se rendre compte que, là aussi, Prince en avait effacé quasiment toutes ses traces, y compris celle d'une de ses dernières apparitions sur scène, pour une reprise de «“Heroes”» en hommage à David Bowie, disparu le 10 janvier dernier. Curieuse impression que celle de paraître avoir affaire à une superstar devenue quasiment invisible en ligne.

Comme l'écrit le site Open Culture, «l'empire de Prince était un royaume étroitement contrôlé, dirigé par un génie musical énigmatique et excentrique avec une relation historiquement orageuse avec l'industrie musicale». En 2007, le musicien avait même, dans une déclaration glorieuse, lancé vouloir «se réapproprier internet» face aux internautes qui pirataient sa musique –peu avant, sa maison de disques avait obtenu le retrait de 2.000 clips de YouTube.

Heureusement, de ce passé glorieux (plus de 150 millions de disques vendus dans le monde entier, et cinq singles numéro 1 aux États-Unis), il reste encore quelques belles traces en ligne. Par exemple ce concert du 30 janvier 1982 au Capitol Theatre de Passaic (New Jersey), lors de la tournée de l'album Controversy, deux ans avant que sa carrière ne décolle totalement avec l'album Purple Rain. Neuf morceaux «seulement», mais à rallonge. Comme l'expliquait en 2007 le site Dangerous Minds, Prince n'aurait pas pu enlever ce concert d'Internet, même s'il l'avait voulu, car celui-ci y avait été mis en ligne de manière totalement légale par Music Vault, une société qui avait obtenu les droits de plus de 17.000 concerts.

À l'époque de ce concert, le chanteur espérait tourner un film mélangeant fiction et documentaire, intitulé The Second Coming –le titre du morceau d'ouverture, façon gospel. L'expression, en anglais, désigne le retour du Christ sur Terre après l'ascension, et c'est un peu pour cela que nous nous tournons vers YouTube ou vers nos disques quand un artiste meurt: pour le faire revenir immédiatement. Et pour ceux qui veulent se replonger plus longuement dans les saintes écritures, le site Prince Recordings s'était livré à une analyse détaillée du concert.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (943 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte