Monde / Économie

Les Chinois sont superstitieux, leurs noms d'entreprises le prouvent

Temps de lecture : 2 min

Une étude s’est penchée sur la façon dont la numérologie influe les noms de sociétés financières dans le pays.

Un investisseur assis devant un écran montrant le cours de la bourse à Fuyang. STR / AFP
Un investisseur assis devant un écran montrant le cours de la bourse à Fuyang. STR / AFP

La culture chinoise accorde une importance toute particulière aux chiffres et à leur signification. Il y en a qui, comme pour le 13 en Occident, portent malheur (le 5 notamment), d’autres qui sont positifs (le 2 ou le 9) ou dont la signification a évolué selon les époques ou les régions de Chine.

Et si la vie quotidienne des Chinois se planifie en fonction des chiffres (on n’organisera pas de mariages les 3 de chaque mois, par exemple), le monde de l’entreprise n’est évidemment pas en reste, au point que même le nombre de traits nécessaire pour dessiner les sinogrammes formant le nom d'une société est analysé sous le prisme de la chance!

Plusieurs études réalisées dans les années 1990 et 2000 avaient déjà montré que chez un entrepreneur chinois, il existe quatre critères essentiels pour trouver un bon nom: il doit se limiter à deux syllabes (ou caractères), la seconde doit avoir un ton aigu, l'un des caractères doit être un nom commun et le tout doit évidemment (et ce n'est pas réductible à la Chine...) avoir une connotation positive. Pour l'entrepreneur chinois, il s'agit d'un moyen d’optimiser sa chance potentielle dans le monde des affaires.

Une équipe de chercheurs taïwanais a voulu tester cette hypothèse de la superstition à propos d'un autre critère, celui, donc, du nombre de traits apparaissant dans les caractères chinois formant le nom d'une entreprise. Leur étude, publiée dans le North American Journal of Economics and Finance, analyse les noms de 128 entreprises du secteur financier pour voir s’ils correspondent à des nombres dits «porte-bonheur».

«Note: “O” représente la chance, “H” dénote un état neutre et “X” implique de la malchance.»

Sur le schéma ci-dessus, le nombre de traits total nécessaire pour écrire le nom d’une entreprise en caractère chinois a des significations variables. Par exemple, 1, 11, 37 ou 57 traits sont jugés positifs. À l’inverse, 10, 64 ou 77 traits sont synonymes de malheur. Au total, un peu plus de 43% des nombres listés sont jugés «chanceux».

Or, en analysant les noms des entreprises de leur échantillon, les chercheurs se sont rendus compte que 87 d'entre elles, soit 68%, arboraient un nom dont le nombre de traits avait une connotation jugée positive. Les entrepreneurs chinois ont donc consciemment tendance à choisir un nom correspondant à un chiffre porte-bonheur.

En conclusion, les auteurs recommandent donc «que les chefs d’entreprise engagent des numérologues et des consultants en feng shui pour obtenir les conseils d’experts» au moment de créer leur société, afin de choisir un nom en accord avec les croyances culturelles partagées par la population. Et ces conseils s’appliquent aussi aux managers travaillant dans des multinationales, qui «peuvent utiliser la stratégie du nombre de traits chanceux pour s'adapter à la psychologie des clients dans la zone économique chinoise».Que l’on soit entrepreneur chinois ou étranger, provoquer la chance grâce à un nom finement trouvé peut-être un vrai coup de pouce pour conquérir un marché en pleine expansion.

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