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Ces panneaux d’affichage tuent les moustiques en imitant notre odeur

Repéré par Léo Roynette, mis à jour le 21.04.2016 à 15 h 34

Repéré sur Motherboard Vice, The Verge, BBC, Discovery News

Au Brésil, des panneaux fluorescents servent de pièges à moustiques et de moyen de lutte contre la propagation du virus Zika.

Il existe pour l'instant deux exemplaires de ce panneau à Rio de Janeiro (Capture d'écran YouTube)

Il existe pour l'instant deux exemplaires de ce panneau à Rio de Janeiro (Capture d'écran YouTube)

À première vue, ce ne sont que de simples panneaux d’affichage, au nombre de deux dans la ville de Rio de Janeiro, au Brésil. On peut y lire «Ce panneau tue des centaines de moustiques porteurs du virus Zika par jour» (ou «porteurs de la dengue», autre infection virale transmise par une piqûre de moustique). Grâce à un système de vaporisation, ces panneaux diffusent du dioxyde de carbone et une brume d’acide lactique (imitant la sueur humaine) afin d’attirer les moustiques dans un rayon de 2,5 kilomètres et de les piéger... jusqu’à ce que mort s’ensuive, rapporte Motherboard.

 

Les concepteurs de ces panneaux, les agences de publicité Posterscope et NBS, ont rendu publics les détails techniques de la fabrication afin d’encourager les autorités à s’en doter dans d’autres communes. De plus, la fabrication ne coûterait que 200 dollars tout au plus par panneau, a confié l’un des chargés du projet, Otto Frossard, à la BBC.

Attention tout de même à l’endroit où on les dispose, prévient l’expert en lutte antiparasitaire Chris Jackson, de l’université de Southampton, auprès de la BBC. Selon lui, ils ne doivent pas être placés dans des endroits où la densité humaine est forte, au risque «de fournir de la chair humaine» aux insectes vecteurs du virus.

«Prometteur»

Mais, si l’OMS salue ce type d’«outils potentiels prometteurs [...] dans le cadre de la riposte à l’épidémie de Zika», elle rappelle que l’on ne peut encore attester de manière générale de son efficacité, dans un rapport publié le 18 mars:

«La technologie du piège à vecteurs peut réduire les populations de moustiques en attirant et en tuant les moustiques femelles qui pondent [...]. L’efficacité entomologique de ces pièges a été démontrée dans un nombre limité d’essais sur le terrain. Bien que les données préliminaires aient été examinées par le comité, les données relatives à l’intérêt des pièges à vecteurs pour la santé publique doivent être consolidées.»

Il serait tout de même dommage de se passer de ces panneaux, qui permettent de lutter contre le virus, qui a déjà touché près d’un million et demi de personnes au Brésil depuis avril 2015 et dont le lien avec la microcéphalie a été confirmé dans une étude américaine publiée le 13 avril dans la revue New England Journal of Medicine. Le même jour, une étude française a prouvé que le virus pouvait bien se transmettre par voie sexuelle. Près de deux milliards de personnes sont exposées à ce danger dans le monde, selon cette projection publiée le 19 avril dans la revue ELife.

Avant de trouver un vaccin au virus, des initiatives parfois loufoques se multiplient. On peut citer notamment ce piège fabriqué à partir de vieux pneus par des chercheurs canadiens, ou encore cette idée de libérer par dizaines de millions des moustiques génétiquement modifiés afin qu’ils s’accouplent avec les moustiques porteurs du virus. L’objectif: que leur progéniture meure avant d’avoir pu transmettre Zika aux humains. 

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