Nicolas Sarkozy, les paroles et les actes
Le chef de l'Etat a un problème d'adaptation de son discours à la réalité.
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Avec l'affaire Jean Sarkozy et l'éloge de la méritocratie prononcé mardi 13 octobre à l'Elysée par le président à l'occasion d'un discours consacré la réforme des lycées, nous atteignons sans doute la limite acceptable de la distorsion entre les paroles et les actes. Nicolas Sarkozy fait-il preuve d'un cynisme sans borne? Ou bien est-ce son discours, en général, qui n'a plus de prise sur la réalité?
Je pencherais plutôt pour la deuxième hypothèse. Pour Nicolas Sarkozy, le discours politique est l'acte politique par excellence. Le discours politique est, la plupart du temps, performatif. Je dis donc je fais. Quand le président dit qu'il nomme telle personnalité la tête de telle direction de l'administration c'est fait, c'est en soi un acte politique. Mais le champ du discours-action, s'il est très étendu pour un homme politique qui veut le pouvoir (les promesses sont des actes politiques qui changent les donnes), se réduit quand il faut exercer le pouvoir.
Dans l'opposition le verbe est, la plupart du temps action. ne dit-on pas que le leader de l'opposition exerce le «ministère du verbe»? La plus grande partie du champ d'action d'un Président en exercice n'est plus performative: «je veux que le chômage baisse». Il ne suffit pas de le dire pour que cela arrive. Ou alors il faut une autorité naturelle hors du commun. Le général de Gaulle pouvait dire en 1958 aux Algérois: «Je vous ai compris», son discours énigmatique a changé le cours de l'histoire! Ces moments sont rares et ne sont pas le fait du premier président venu.
Nicolas Sarkozy surestime toujours le pouvoir de sa propre parole. Pouvait-il imaginer en affirmant, au début de son quinquennat que chaque classe de CM2 devait adopter symboliquement la mémoire d'un enfant victime de la shoah, pouvait-il imaginer que le dire ne suffirait pas pour que cela se fasse? Moins Nicolas Sarkozy a de prise sur le réel, plus il est péremptoire. C'est exactement ce qu'il se passe, par exemple, pour les questions de sécurité, questions marqueurs du sarkozysme par excellence. L'insécurité ne baisse pas, il ne change pas de politique, il fait convoquer les préfets pour leur tenir un discours. Il leur remonte les bretelles!
Tout le monde comprendra que passer un savon à un préfet sans lui donner l'ordre de changer de méthode ou sans lui donner de moyens supplémentaires ne changera rien! Le préfet enguirlandera les directeurs départementaux de la sécurité qui vont s'empresser de gronder les responsables de la police et de la gendarmerie, qui finiront par essayer de faire du chiffre pour avoir la paix. Le président peut affirmer, sur TF1 et France 2 en marge du G20, sans rire et contre toute réalité: «les paradis fiscaux c'est fini».
Ce n'est pas qu'une simple et banale affaire de promesses non tenues ou de mensonges éhontés, c'est plutôt une mauvaise appréciation de la puissance de son discours ou de la puissance de la réalité face sa propre volonté! Depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, il y a un problème d'adaptation de son discours la réalité. On ne compte plus les affirmations qui ne reposent sur rien, les projets ambitieux sans lendemain, les promesses de rupture ensablées, les révolutions annoncées qui n'aboutissent pas. La discrimination positive, la laïcité positive, la réforme de la Françafrique. Travailler plus pour gagner plus... tant d'autres sujets n'ont été que des thèmes de discours sans réalité concrète.
Le Président a l'habitude de dire à son entourage que les Français veulent qu'il mouille sa chemise et qu'il ne se résigne pas. Il se compare toujours à son prédécesseur plan-plan. L'hyper Président se démène. Mais le résultat de cette hyperactivité, de cette multiplication des discours, c'est qu'il n'y a pas plus de résultats. Se différencier de Jacques Chirac commence apparaitre un peu court. C'est peut être Michel Rocard qui avait raison quand il disait que dans notre cinquième République, «les qualités qu'il faut pour être élu ne sont pas celles qu'il faut pour gouverner».
Thomas Legrand
Lire également: Sarkozy piégé par les intellos de gauche et Monsieur le Président, nous voulons des conférences de presse!
Image de Une: Nicolas Sarkozy Reuters
Mis à jour le 16/10/2009 à 15h45












































Mercredi soir, sur canal +, la démonstration a été faite par Yann Barthès en justaposant les discours de M. SARKOZY et les actes de M. SARKOZY. Mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi le Président parle tant de la méritocratie alors qu'il appuie son fils qui a bac +2 (difficilement) pour la président de l'EPAD ? Que doivent penser les jeunes qui ont Bac +4 et plus et qui n'ont pas un père pour les recommander....
Mais c'est vrai qu'il peut aussi bien réussir qu'un énarque !
Partisan UMP ayant voté sarkosy et revotant UMP aux prochaines presidentielles cet article m'enerve !
Car c'est la premiere fois que je lis une attaque realiste de l'action presidentielle...avec laquelle je n'ai pas vraiment de desaccord !
A souhaiter que Sarkosy prenne son auteur comme conseiller !
Depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, il y a un problème d'adaptation de son discours la réalité. On ne compte plus les affirmations qui ne reposent sur rien, les projets ambitieux sans lendemain, les promesses de rupture ensablées, les révolutions annoncées qui n'aboutissent pas. La discrimination positive, la laïcité positive, la réforme de la France Afrique. Travailler plus pour gagner plus... tant d'autres sujets n'ont été que des thèmes de discours sans réalité concrète.
Ce qui est fascinant depuis l'élection de Sarkozy, ce n'est pas me semble-t-il, qu'il ait un problème d'adaptation de son discours à la réalité, on pourrait sans doute en dire de même de bien des hommes politiques qui passent de l'opposition au pouvoir, c'est qu'il ne fait même pas semblant d'essayer.
La parole est une posture. Elle n'a pas à s'adapter au réel.
Ministre du précédent Président, il fait campagne comme s'il avait été dans l'opposition à ce gouvernement.
Il se fait élire en célébrant le capitalisme anglo-saxon. Si je me souviens bien, l'ouverture du crédit hypothécaire aux ménages modestes était même une de ses promesses de campagne. La crise mondiale arrive et il se met à bruler ce qu'il avait adoré, comme si de rien n'était, comme s'il n'en avait pas été le chantre précédemment.
L'affaire Jean Sarkozy est particulièrement symbolique, parce qu'il n'y a même plus de décalage dans le temps. Le même jour, il célèbre la méritocratie et justifie l'élection de son fils. Mais c'est toujours le même processus.
Le discours sert l'image, mais il n'a pas plus à rendre de compte de la réalité qu'il n'a à rendre des comptes à la réalité. Dans son utilisation du verbe, Sarkozy est plus proche de l'Afrique ou de l'Union Soviétique que de la tradition démocratique européenne.
Mais quel talent à l'oral, tant qu'il n'a pas de contradicteur.
Peu à peu et pour ceux qui ne l'avaient pas encore compris, N. Sarkozy démontre qu'il n'a pas les capacités pour diriger la France.
Tout d'abord le France n'est pas à lui; chaque jour sort une histoire qui démontre qu'il outre-passe ses pouvoirs. Hier on apprenait ses contrats de réalisation de sondage ou de conseil en communication où son propre chef de cabinet avoue qu'ils ne respectent pas les règles des marchés publics. Avant hier il achetait la démission d'un conseiller général pour qu'il laisse sa place à son fils. Avant avant hier, il intronisait ministre un animateur sous prétexte qu'il s'appelle Mitterrand. M. Etrosi fait pareil à Nice mais là on est quand même à la tête d'un grand état. Les Français ne veulent plus voir cela.
Ensuite, N. Sarkozy est bien trop préoccupé par son image et sa réélection pour gouverner sereinement. Il en est réduit aujourd'hui à faire tous ses déplacements soit en mode hyperprotégé soit en douce comme hier. Soit il convoque 100 caméras, soit il les exclut comme hier aussi. Les ministres sont tous réduits à un rôle de responsable de communication et rivalisent dans le cirage de pompes. En bout de course personne ne gouverne et le président de la république en est réduit à faire toutes les annonces lui-même comme sur le lycée la semaine dernière. Les mesurettes prises par tous ces dirigeants sont annoncées par le grand homme et seul le décorum donne de l'importance à l'annonce. Sarkozy tue la communication politique et ne dit plus rien. Le Petit journal de Canal+ retrace chaque jour ces pantalonnades de communication. Mais quand on rit chaque jour de la pratique du pouvoir, n'y a-t-il pas un problème ?
Enfin, N.. Sarkozy s'est épuisé sur le pan des idées. Pendant sa campagne j'avais des doutes, on l'avait déjà vu piétiner longuement sur la sécurité. Le fait qu'il s'épuise à limiter sa politique de l'emploi à l'encouragement des heures supp m'avait mis aussi la puce à l'oreille. Il s'est épuisé sur les idées pour une raison simple: à vouloir apparaître comme celui qui traite définitivement un sujet, il est condamné à ériger une mesurette en solution définitive. Une fois qu'il a dit "les paradis fiscaux n'existent plus" que peut-il dire d'autre ? Rien. Sur tous les sujets, il prétend avoir apporté des solutions. Tout ce qu'il dit devient alors suspect. Les Brésiliens achèteront -ils vraiment des Rafales et les Libyens ? Combien de temps pourra-t-il tenir à résister sur le bouclier fiscal ? Par sa gestion inconsidérée il entraîne les Français vers une hausse prolongée des impôts et les riches y échapperaient ? Ce n'est pas les riches qu'il faut encourager, mais ceux qui ont des idées. L'argent qu'un grand patron gagne dort gentiment dans de l'immobilier ou sur de l'assurance vie. Il n'y a aucune grandeur dans toute cette politique, aucune réflexion qui la sous-tend. En se répétant à lui-même que ce qu'il fait c'est ce qu'il fallait faire, N. Sarkozy s'enferre lui-même dans l'immobilisme.
Nous voilà à la veille de décider d'un grand emprunt; pourquoi les dirigeants politiques et le premier d'entre-eux n'ont-ils pas d'idée ? Il ne sait pas ce qu'il faut faire pour désembourber la France mis à part attendre la croissance ? Des montagnes d'argent vont être là mais pour faire quoi ? Je cherche et ne trouve qu'une réponse : Sarkozy va se payer sa réélection en donnant de l'argent emprunté à droite et à gauche. La France mérite mieux que ce monsieur.
Les analyses de Mr Legrand sont toujours assez pertinente...mais comment fait-il?
Pour ma part depuis que j'entends N.Sarkozi faire ses plaidoiries sur le "programme" j'ai un peu de mal a suivre: chaque discours dit tout et son contraire, ce qui est bien entendu une façon comme une autre de ne pas se tromper...mais peux prêter à confusion.
Mr sarkozi est un brillant avocat mais un piteux chef d'état: après deux ans la seule mesure qu'il a tenu est celle du bouclier fiscal, ce qui vous en conviendrez est un peu juste.
Catastrophique ministre des finances son expérience ne lui aura pas servi a grand chose....dépenses colossales,la république vit dans l'opulence, le chef s'est même fait construire un nouvel avion .Mazette!...pendant ce temps les français se serrent la ceinture.
Mr sarkozi est si convaincu, si sur de ses talents qu'il ne comprend pas comment ses électeurs commencent à douter de sa politique et n'imagine même pas que ses partisans ne puissent le suivre dans il faut bien le dire ses délires.
Manque de recul,de modestie, d'analyse et de pertinence le président n'a aucune vision de l'avenir de la France.
Pour garder les pieds sur terre, en terme d'aviation sérieuse donc, il est concevable mais peu probable d'être déjà un pilote de chasse à 23 ans, mais même si cela était le cas, il n'est pas souhaitable de confier les commandes d'un airbus A 380 à un pilote de chasse.
Un A380 est moins sexy à piloter qu'un avion de chasse pourtant, mais la conduite, le service et la responsabilité d'une collectivité, c'est comme les heures de vol, ça ne s'invente pas, et ça ne se transmet pas génétiquement.
Il s'agit de proportions. Ca se discerne et les talonnettes n'y font rien.
Je pense et ce n'est pas une offense au Président qu'une bonne pschanalyse lui serait profitable mais également de revoir certaines personnes de sa cours plus mauvaises conseillères que bénéfiquent. La cours est vraiment en phase avec le moyen âge flatter le roi, le couper du peuple;
M. Le Président prendre le peuple pour un imbécile sera votre perte électorale, elle a déjà commencé et la remonté sera difficile si cela n'est pas déjà trop tard.
Il est clair pour ma part que le grand emprunt sera le moyen pécunier de l'espoir d'une réélection en 2012 mais les français ne sont plus dupes alors si emprunt il ya, personnellement je suis contre car politique et économie sont des antagonismes, il devra montrer toute son efficacité sans boucher les trous de votre gestion "généreuse" mais des plus anti économique.
Des mots, encore des mots, toujours les mêmes ... Discours inadapté à la réalité, la plupart du temps ! On ne domine pas le verbe, c'est lui qui vous domine et vous dicte vos actes. Pour Nicolas Sarkozy, l'action, souvent, précède le verbe, et son incompréhension est alors d'autant plus grande ! Comme il est dit dans l'article, le Général maniait le langage avec un talent qui fascinait . Ses conférences de presse étaient un régal, et les formules fusaient à un rythme endiablé et faisaient mouche ... Rien de tout ça dans le discours politique d'aujourd'hui, qui manque manifestement de souffle et de pouvoir de persuasion, tous bords confondus !
Paradoxalement, il me semble que c'est là où il parle peu que Sarkozy fait le mieux bouger les lignes, peut être parce que sur ces sujets il est vraiment convaincu et n'a pas tant besoin de parler:
- Son soutien à Frédéric Mitterrand a été presque minimaliste, mais il y a une sorte d'état de fait: Le Président soutient un homosexuel qui fait publiquement état de son homosexualité, et même sans doute plus que prévu à l'occasion de l'affaire. Même si ça se fait dans la douleur, je suis persuadé que la perception de l'homosexualité par la population en général aura en fin de compte évolué.
- Sa vision de l'islamisme et du terrorisme. Le fameux entretien avec Tarik Ramadan, son engagement (pour l'instant non reconnu) pour la discrimination positive, ses discours où il explique que quand on tend la main au terroriste, "il voit la faiblesse", son dialogue avec Obama au Conseil de Sécurité sur l'Iran, tout cela développe une image exactement contraire à celle que développe Thomas Legrand.
A titre personnel, je suis très impressionné sur ces deux aspects, également sur d'autres comme la réforme des universités. Mais ce sont également des terrains sur lesquels il s'est peu engagé par le verbe.
Tout cela se passe dans ce contexte de tohubohu général, qui, sur les sujets plus économiques ou sociaux donnent cette impression d'irréalisme d'un discours qui plus est pléthorique.On dirait que moins il est véritablement convaincu par un sujet, plus il en parle, peut-être pour combler le vide d'action. On voit bien qu'il n'aime pas l'Economie et la discipline qu'elle exige dans l'action.
Il y aussi cette croyance bien française que le volontarisme suffit à résoudre les problèmes et que ce qui vient du sommet de l'Etat a valeur sacrée.
Il y a aussi ce système qui se mord la queue: Omniprésence dans les média de tous les politiques, qui crée une attente sur tous les sujets et finalement le besoin des politiques de parler de tout et n'importe quoi (cf JF Copé sur Slate...)
Tout cela pour conclure sur une évidence bien connue: Les gens respectés sont souvent ceux qui parlent le moins.
Je suis ravis qu'enfin quelqu'un mette le doigt sur ce qui m'a toujours semblé le plus évident chez Nicolas Sarkozy, sa facilité de parler, son incapacité à agir. Hier il disait "les Français veulent qu'on leur raconte une histoire" et aussi "gouverner c'est facile", pour moi ça résume le personnage. Mais ce qui était admirable hier se révèle parfaitement désastreux aujourd'hui. Hier, tout frétillant de son besoin d'élargir au maximum son électorat, il a sabré celui du Front National, en reprenant ses thèses en terme plus polis, s'arrogeant dans la foulée un thème cher au socialiste, celui du travail, mais aussi des bons sentiments (ne pas serrer la main à Poutine, dire halte à la Françafrique, etc) entrainant son faire valoir électorale, Madame Royal dans l'imitation pour finalement n'avoir à montrer comme seul argument dans un pays qui plus est paternaliste, qu'elle était différente parce qu'elle était une femme. Bref une stratégie rare dans l'art de dire à la fois tout et son contraire avec une vitesse météorique, de sorte qu'il ne venait à personne l'auguste idée de lui poser la question comment dans une crise énergétique majeur où des centrales nucléaires ont sérieusement besoin de rénovation, on pouvait à la fois dire merde à Poutine et à Françafrique tout en négociant les matières premières. Comment on pouvait à la fois parler de karcher et de racaille et en même temps de discrimination positive, comment on faisait, bref pour avoir dans le même discour deux concepts opposés. Mais en fait on le sait maintenant et c'est ce que démontre cet article, la question n'est pas de savoir comment puisqu'il suffit de le dire. Il suffit de dire que l'on va mieux payer les heures sup et ouvrir le dimanche et le pouvoir d'achat va augmenter, c'est mathématique ! On se fiche que tous les compteurs économiques sont déjà dans le rouge depuis deux ans, que le Medef programme déjà d'augmenter les heures de travail, annulant de facto la mesurette, ni que les syndicats ne lacheront pas plus que les grands distributeurs pas forcément plus enchantés que ça à l'idée de devoir payer leur salarié en double pour un jour ouvré en plus, qui n'entre qui plus est pas dans les habitudes de consommation (et donc mettera du temps à devenir un réflexe d'acheteur). Il suffit de dire quand Khadafi débarque, avec sa tente que c'est en échange de gros futurs contrats militaire... pour apprendre finalement que le dictateur ne les signera peut-être jamais ces contrats. Et tout est comme ça...
Mais aujourd'hui en plus, c'est la machine à s'auto promulguer qui déraille également. Tout à sa campagne de guerrilla politique il tente le coup de jouer à l'écologiste puisque ce sont les seuls qui peuvent encore vaguement réunir un peu la gauche, retape sur le Grenelle qui n'a en réalité strictement rien donné, la taxe carbone qui est sifflé comme à l'école, se fait rattraper par les délires de son ministre de la culture, la nomination de son fils, et même le film de son gourou le vendeur de savon est un four. Et quand un contre-feu est allumé pour faire passer la pilule, la pilule est systématiquement recraché en direction du petit prince. Par exemple la réforme de la taxe professionnel qui elle en plus réveille la plaie béante laissé par la réforme de guingois imposé par la décentralisation et effraie les deux camps. D'ailleurs relisez le fameux discour de Dakar, toute la sémantique sarkozienne est là. Toute les trois lignes un accessit paternaliste et moralisateur qui désamorce l'ouverture offerte la ligne plus haut, et entre chaque paragraphe une suave politesse qui introduit une nouvelle série de poncif cherchant à réconcilier deux idées non réconcilibles, l'indépendance de l'Afrique et le colonialisme. Au bout du compte un four, une insulte, l'incompréhension et la colère... jusqu'aux Antilles, chapeau bas. Rocard disait que les qualités qu'il faut pour être élu ne sont pas celles qu'il faut pour gouverner ? Sarkozy nous montre au bout d'à peine deux ans d'exercise qu'il n'a pas les qualités de l'un et que l'autre était semble t-il un coup de bol. Bon à rien ?
En 2005 quand les émeutes ont éclatés en banlieu, j'avais dit à mes amis qui n'y croyaient pas, ça va prendre feu dans toute la France, j'y ai pensé à l'instant même où j'ai entendu le fait divers relaté à la radio et qui a mené à ça. Deux ans plus tard je disais, Sakozy élu, demain le feu. Je sais que les français sont des gens bien nourris, bien polis, trop effrayés par leur situation personnelle pour se lancer dans des aventures régicides, et d'ailleur la moinde aventure mais la peur et l'incompétence ne font jamais bon ménage sur une même barque. Et franchement cette fois j'aimerais bien avoir tord.