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Une épidémie «quasiment insoignable» de super-gonorrhée se propage

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 21.04.2016 à 10 h 35

Repéré sur Public Health England, BBC, Pourquoi Docteur

En Angleterre, de plus en plus de cas de gonorrhée résistante aux antibiotiques sont répertoriés, notamment chez les homosexuels.

Neutrophiles (cellules sangines jouant un rôle dans le système immunitaire) infectés par la bactérie Neisseria gonorrhoeae | Centers for Disease Control and Prevention's Public Health Image Library via Wikimedia Commons (domaine public)

Neutrophiles (cellules sangines jouant un rôle dans le système immunitaire) infectés par la bactérie Neisseria gonorrhoeae | Centers for Disease Control and Prevention's Public Health Image Library via Wikimedia Commons (domaine public)

C’est un rapport du Public Health England qui fait flipper tout le monde outre-Manche. Publié le 15 avril, le document de l’agence du ministère de la Santé britannique alerte sur les cas de super-gonorrhée –c’est-à-dire résistante aux traitements antibiotiques– qui se multiplient autour de Londres, Birmingham et dans le sud de l’Angleterre.

Phénomène d’autant plus préoccupant que l’épidémie, débutée chez les couples hétérosexuels, se propage désormais chez les hommes homosexuels. Selon les experts en santé publique, cette population a tendance à changer plus souvent de partenaire, à faire (encore) moins usage de préservatifs et à héberger plus souvent la bactérie dans la gorge –ce qui aggrave la résistance aux antibiotiques, car les doses médicamenteuses prescrites sont moins élevées et parce que la zone est riche en pathogènes, eux aussi susceptibles d’être antibiorésistants. Autant d’ingrédients d’une explosion épidémique et de la «très grande inquiétude» exprimée par les médecins britanniques.

L’Angleterre (et le monde) est en alerte depuis plusieurs années face à l’apparition de souches multi-résistantes de gonorrhée –la célèbre blennorragie ou «chaude-pisse»–, une MST causée par la bactérie Neisseria gonorrhoeae. Chez les malades, les symptômes sont atypiques chez un homme hétérosexuel sur dix et chez près de 75% des femmes hétérosexuelles et des hommes homosexuels. Dans la présentation «caractéristique», on observe des saignements ou des écoulements purulents en provenance des organes génitaux, avec des douleurs très intenses à la miction.

Épidémie

Si elle n’est pas traitée, la gonorrhée peut rendre stérile, causer des douleurs chroniques de type arthritique et, dans les cas les plus graves, être à l’origine de méningites mortelles.

En France, on se veut mi-rassurant, à l’instar de Stéphane Gayet, infectiologue, dans une interview donnée en janvier 2016 à Atlantico:

«Dans l’Hexagone, la situation n’a pas fort heureusement atteint le niveau du Royaume-Uni, mais nous ne sommes pas à l’abri d’une diffusion de telles souches. Notre système de santé et notre politique d’antibiothérapie nous protègent [...].

 

D’une part, nous avons quelques antibiotiques qui nous permettent encore de soigner les malades atteints par un gonocoque très résistant, d’autre part, les méthodes et les pratiques d’hygiène sexuelle ont tout de même fait bien des progrès, en grande partie du fait de la pandémie sidéenne. Une épidémie à gonocoque très résistant et ayant une certaine ampleur ne paraît donc pas très vraisemblable dans la situation actuelle de la France.»

À suivre. Mais en attendant, si les antibiotiques ne sont pas automatiques, le port du préservatif, lui, l’est plus que jamais.

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