Santé

«J'accumule les relations vouées à l'échec, je me sens dans une impasse»

Temps de lecture : 5 min

Cette semaine, Lucile conseille C., une expatriée qui a réussi sa vie professionnelle mais enchaîne les amants sans réussir à bâtir une histoire sérieuse.

Hungarian gypsy girl | Amrita Sher-Gil via Wikimedia License by
Hungarian gypsy girl | Amrita Sher-Gil via Wikimedia License by

«C’est compliqué» est une sorte de courrier du cœur moderne dans lequel vous racontez vos histoires –dans toute leur complexité– et où une chroniqueuse vous répond. Cette chroniqueuse, c’est Lucile Bellan. Elle est journaliste: ni psy, ni médecin, ni gourou. Elle avait simplement envie de parler de vos problèmes.

Si vous voulez lui envoyer vos histoires, vous pouvez écrire à cette adresse:[email protected]

Pour retrouver les chroniques précédentes, c’est ici.

J'ai 37 ans, j'ai une très bonne profession. J'ai beaucoup voyagé, je vis en ce moment à l'étranger et je m'éclate professionnellement. Sur le plan personnel, c'est un peu moins l'éclate (doux euphémisme). Mon bilan actuel est que j'accumule les relations vouées à l'échec. Ma première relation sérieuse était une histoire passionnée qui s'est terminée lorsque tous les mensonges que la passion m'avait empêché de voir ont éclaté au grand jour. J'ai sombré dans une sorte de d'état dépressif, j'ai mis du temps à me relever. J'ai gardé très longtemps des contacts (téléphoniques) avec cet ex. Il se sentait coupable et m'appelait régulièrement, je n'ai rien fait pour stopper ces appels.

Puis j'ai eu quelques amants épars avec lesquels je ne me suis jamais projetée sur le long terme. Par la suite, j'ai rencontré un homme dont la singularité m'a attirée. Nous sommes restés un an et demi ensemble avant que je réalise que sa singularité et moi n'étions pas vraiment compatibles. Il m'a fallu du temps pour me décider à me séparer de cet homme car une petite partie de mon cerveau ne pouvait s'empêcher de me murmurer: «Tu as l'âge de la stabilité, alors reste». Même si je suis persuadée que cet homme n'était pas fait pour moi, je ne peux m'empêcher de me demander si je ne suis pas à la recherche d'un idéal inaccessible.

Je n'ai pas encore tiré un trait sur la maternité. J'ai fini par m'inscrire sur un site de rencontre

Dans ma famille, ce sont les femmes (ma mère, mes tantes) qui portent la culotte. Les hommes acquiescent et suivent ou tant pis. Ce n'est pas vraiment ainsi que j’envisage mon couple. Je l'imagine plus équilibré et plus dans le compromis. Cependant, je me demande également en quoi ce schéma familial peut m'influencer aujourd'hui.

Me voilà de nouveau «sur le marché» à un âge critique. Je n'ai pas encore tiré un trait sur la maternité. J'ai fini par m'inscrire sur un site de rencontre. Seul HIC: je n'ai pas particulièrement envie de m'installer définitivement dans le pays où je réside actuellement et les hommes de ce site sont bien souvent des trentenaires déjà bien sédentarisés. Je me sens dans une sorte d'impasse.

C.

Chère C.,

Votre situation n’est malheureusement pas exceptionnelle. Avec l’augmentation des divorces, les célibataires peuvent profiter d’un «marché de seconde main» après 40 ans et c’est une bonne et belle chose mais les femmes ont toujours l’urgence de l’horloge biologique.

Comment répondre à ce dilemme? Tout d’abord, congelez vos ovules. Si la France est encore à la traîne sur le sujet, c’est possible en Espagne, en Italie, en Grande-Bretagne et aux État-Unis. Ce n’est pas la panacée mais cela pourrait vous faire gagner quelques précieuses années de sérénité.

Il vous reste aussi la possibilité de faire un enfant toute seule. J’imagine bien que ce schéma n’est pas celui que vous aviez en tête mais il vous permettrait de mener à bien votre désir d’enfant tout en vous laissant l’opportunité en parallèle de rencontrer quelqu’un. Et dans votre situation, faire un enfant seule relèverait plus du bon sens que du comportement d’amazone, puisque cette question vous tracasse.

Concernant cette rencontre qui se fait attendre, je n’ai malheureusement pas de recette miracle. J’ai seulement un conseil: ne vous mettez pas en couple «faute de mieux». Vous avez déjà tourné le dos à la stabilité à tout prix et c’est une bonne chose qui nécessitait un courage que la plupart des femmes n’ont pas. Maintenant, il vous faut prendre le temps de la rencontre. Et j’ai peur que votre pragmatisme ainsi qu’une recherche sur internet via des sites de rencontre ne vous enfonce dans le schéma des «cases à cocher».

Je crois aussi que lâcher du lest et sortir de sa zone de confort sont des éléments indispensables à une belle rencontre durable

Si vous êtes capable de savoir avec qui vous ne voulez pas être en couple, permettez-moi de douter de votre capacité à décider sur une feuille blanche avec qui vous voulez être en couple. Cette méthode ferme des portes, des opportunités et la vérité c’est qu’il n’existe pas de profils vraiment parfaits «sur le papier». Ne vous fermez pas non plus sur des questions strictement matérielles: vous n’êtes pas sûre de vouloir rester définitivement dans le pays où vous vous trouvez actuellement? Occupez-vous d’abord de la rencontre, cette question se résoudra à deux en son temps. Comme je l’ai dit précédemment, les trentenaires sédentarisés divorcent. Mais s'Il y a pénurie, ne vous empêchez pas de regarder les profils d’hommes dans la vingtaine (après 25 ans, ce ne sont plus tout à fait des gamins, non?) ou dans la quarantaine.

Ce que je vous explique donc c’est que si votre problème contient une part qui peut se résoudre avec pragmatisme (tout ce qui vous concerne exclusivement et en particulier vos ovocytes), l’autre part nécessite un peu de laisser-aller. Je crois au hasard, je crois à la chance. Je crois aussi que lâcher du lest et sortir de sa zone de confort sont des éléments indispensables à une belle rencontre durable. Ne vous mettez pas en position de chasseur de tête à la direction des ressources humaines et laissez vous l’opportunité d’être bousculée dans vos certitudes.

Soyez d’abord réfléchie pour vous donner l’opportunité d’un peu de folie. Voilà mon conseil.

Newsletters

La sieste post-déjeuner serait-elle la solution pour s'adapter aux fortes chaleurs?

La sieste post-déjeuner serait-elle la solution pour s'adapter aux fortes chaleurs?

Les pays du nord de l'Europe envisagent d'adopter le rythme de travail des Espagnols et des Italiens afin de s'accommoder aux températures élevées.

Notre eau du robinet est excellente et nous n'en profitons pas assez

Notre eau du robinet est excellente et nous n'en profitons pas assez

De traitements en contrôles, tout est mis en place de façon à la rendre aussi irréprochable que possible.

Pourquoi avons-nous des grains de beauté?

Pourquoi avons-nous des grains de beauté?

[L'Explication #71] Ces taches, qui font ressembler certaines peaux à un cookie aux pépites de chocolat, sont de vraies anarchistes.

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio