Monde

Dans l’Utah, la consommation de porno déclarée «crise de santé publique»

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 20.04.2016 à 9 h 47

Repéré sur Gawker, The Atlantic

Un sénateur de l’État mormon veut lutter contre la pornographie comme le gouvernement lutte contre le tabac.

AFP PHOTO/VALERY HACHE

AFP PHOTO/VALERY HACHE

Le gouverneur de l’Utah, aux États-Unis, vient de signer une loi déclarant que la consommation de pornographie constituait une «crise de santé publique». Le texte est sponsorisé par Todd Weiler, un sénateur local qui dit vouloir lutter contre la pornographie comme le gouvernement lutte contre le tabac, rapporte Gawker:

«Mon but en passant cette mesure est de lancer un mouvement national pour faire la même chose avec la pornographie –ne pas l’interdire, mais protéger les enfants.»

Parmi les effets nocifs du porno en ligne, la loi cite notamment un «impact sur le développement du cerveau», l’augmentation des risques de «maladies mentales», des problèmes d’addiction et de «déviances sexuelles», ainsi que l’incapacité à «former et maintenir des relations intimes».

Selon cette nouvelle mesure, des campagnes d’éducation et de prévention sont nécessaires car le porno «contribue à un large éventail d’impacts négatifs en matière de santé publique et individuelle.» La loi impose également des punitions sévères pour les informaticiens qui trouvent de la pornographie pédophile et ne la déclarent pas aux autorités.

Si l’Utah, un État mormon conservateur, s’intéresse particulièrement à ces questions, c’est aussi parce qu’il s’agit de l’État numéro un en matière d’abonnements à des sites porno.

De la morale à la science

Cet effort législatif a été inspiré par le lobbying de la sociologue féministe Gail Dines, ainsi que par l’association anti-porno Fight the New Drug (combattre la nouvelle drogue), qui a été fondée par des mormons en Utah. Début avril, Dines avait écrit un éditorial dans le Washington Post intitulé «Le porno est-il immoral? Peu importe: c’est une crise de santé publique».

L’approche de ces militants anti-porno ne se veut pas morale mais strictement scientifique et basée sur les faits. Le groupe Fight the New Drug explique notamment que le porno «change votre cerveau», mais, selon David Hill, un membre de l’Académie américaine de pédiatrie, les résultats des études scientifiques sur le sujet ne sont pas si clairs que ça.

«Je pense que les conclusions que l’on peut tirer des études scientifiques sont très limitées», avait-il expliqué à The Atlantic. Alors que Gail Dines cite des études montrant l’impact négatif du porno (notamment corrélé à des comportements violents envers les femmes), de nombreux autres études citées par The Atlantic montrent que l’impact est minime ou inexistant.

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