Science & santé

Pour trouver des extraterrestres, il faudra comprendre les dauphins

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 19.04.2016 à 11 h 35

Repéré sur The Wall Street Journal, Nautilus

Comment prétendre communiquer avec une race supérieurement intelligente si on ne peut même pas parler avec les animaux les plus évolués qui nous entourent?

Dolphin-Research-Center_Florida-Key's Reinhard Link via Flickr CC License by

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Connaissez-vous le très sérieux Ordre du Dauphin? Cette société plus ou moins secrète a été lancée en 1961 autour d’un neuroscientifique du nom de John Lilly, connu jusque-là pour avoir lancé l’idée que les dauphins avaient leur propre langage, capable de rivaliser avec le nôtre. Le but de cette société était d’explorer une hypothèse en apparence très farfelue: si l’on veut être en mesure de déchiffrer un langage extraterrestre, il faut d’abord être en mesure de comprendre la langue complexe des dauphins.

Depuis, le travail de Lilly et de son Ordre a perdu de son éclat et suscité un intérêt aléatoire au sein de la communauté de scientifiques en charge de trouver une intelligence extraterrestre. En 2013, le Wall Street Journal expliquait même que les preuves d’existence d’un langage chez les dauphins étaient inexistantes, même si ces derniers possèdent des signatures de reconnaissances qui leur sont propres, comme des noms.

Mais, aujourd’hui, comme le raconte le site Nautilus, cette démarche particulière «est de nouveau à la mode, grâce à de nouvelles applications de la théorie de l’information et des avancées technologiques, comme le Cetacean Hearing Telemetry (CHAT), un ordinateur submersible qui établit une communication basique avec les dauphins».

Syntaxe

Sans aller jusqu’à parler de langage pour désigner la façon de communiquer des dauphins, beaucoup de scientifiques estiment désormais que leurs «bruits» manquent de caractéristiques linguistiques, certains chercheurs comme Laurance Doyle persistent dans la voie tracée par Lilly. «Certains estiment que les signaux des dauphins peuvent même être utilisés pour transmettre des choses comme l’humeur, le sexe, ou l’âge du dauphin», écrit Nautilus.

Doyle a repris les travaux d’un linguiste d’Harvard des années 1930, George Zipf, et a découvert que, comme pour le langage humain, les dauphins ont probablement une syntaxe. «Pourquoi une telle syntaxe existerait? Pour une raison, cette syntaxe permet de compenser les erreurs dans la transmission, qui a définitivement une valeur en matière de survie, explique Laurance Doyle. Un exemple humain pourrait être le déchiffrage de lettres manquantes dans un manuscrit mal copié en utilisant les règles de l’orthographe.»

Ces travaux pourraient ainsi aider les astronomes à détecter des sons cosmiques dont la structure laisse apparaître les bases d’une forme linguistique, comme on a pu le faire chez les dauphins et d’autres espèces animales. Étudier notre propre planète est donc indispensable pour ne pas manquer, un jour peut-être, le premier «Coucou» venant d’une autre planète.

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